L’élu « suisse » Joachim Son-Forget quitte La République en Marche

VICTOIRE – Le député de La République en Marche Joachim Son-Forget, représentant des Français de l’étranger de Suisse, a annoncé samedi son départ du mouvement. Il était en délicatesse avec le parti présidentiel après une série de tweets controversés.

Agé de 35 ans, Joachim Son-Forget explique sur Twitter et sur le site de Valeurs actuelles qu’il a reçu une lettre de suspension de La République en Marche (LaRem).

« J’ai été suspendu, ce n’était pas une lettre d’avertissement. Du coup, après des échanges téléphoniques non fructueux (avec le délégué général du parti Stanislas Guérini – NDLR), j’ai pris ma décision après l’avoir annoncée au président. Pas de drame mais de la constance », écrit l’élu de la circonscription des Français de l’étranger de Suisse et du Liechtenstein.

Sa propre étiquette politique ?

Joachim Son-Forget a déclaré à Valeurs actuelles qu’il démissionnait du groupe et du parti. Il siégera désormais à l’Assemblée parmi les députés non-inscrits. Il affirme avoir envoyé vendredi un sms à Emmanuel Macron pour regretter notamment que LaRem soit devenu une enceinte du « copinage » et de l' »entre-soi ».

Interrogé samedi dans l’émission Forum, Joachim Son-Forget a confirmé qu’il siégera désormais sans étiquette politique, mais a lancé « en tout cas pour l’instant, mais peut-être la mienne plus tard… »

Tweet jugé sexiste

Coutumier de messages déroutants ou polémiques sur Twitter, Joachim Son-Forget avait signé le 23 décembre un tweet jugé sexiste contre la sénatrice écologiste Esther Benbassa, moquant « le pot de maquillage (…) que vous vous mettez sur la tête ».

Le président du groupe présidentiel à l’Assemblée, Gilles Le Gendre, avait condamné ces propos, annonçant une lettre d’avertissement de la part du bureau exécutif du parti.

« Dérapages contrôlés et intentionnels »

Lors de son interview dans Forum, il a répondu qu’il s’agissait de « dérapages contrôlés et intentionnels ». Il a ajouté que « les Suisses me connaissent plutôt comme quelqu’un de réservé, mais on a tous dans notre vie privée des moments d’excès. Et je pense que c’est un peu franchouillard de pouvoir être fort en gueule par moment, ça se perd en France ».

reuters/boi

Accusé de sexisme, le député LREM Joachim Son-Forget tente de se justifier

Le député de La République en Marche s’est construit une réputation sulfureuse sur Twitter. Dernier épisode : Joachim Son-Forget n’a pas hésité à critiquer le physique d’Esther Benbassa, sénatrice EELV, le jour de Noël, en parlant du « pot de maquillage » qu’elle se mettrait « sur la tête ». Ce mercredi, le groupe parlementaire LREM de l’Assemblée nationale « s’est désolidarisé » des propos du député.

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En cette période de Noël, Joaquim Son-Forget, député de la sixième circonscription des Français de l’étranger, a animé les débats sur le réseau social Twitter.

Tout commence lorsque Brigitte Macron commente l’action des Gilets Jaunes, dans un article paru dans Le Monde, le 22 décembre, en dénonçant « violences » et « vulgarité »La sénatrice EELV Esther Benbassa s’indigne alors de la position de la première dame : « Brigitte Macron déplore la violence et la vulgarité des Gilets Jaunes. Ce n’est donc pas violent, la pauvreté ? Et elle n’est pas vulgaire, l’arrogance aux dents blanches des riches et des puissants ? »

« Avec le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête »

Une critique de celle qui a reçu le titre de « sénatrice de l’année » 2017 qui n’est vraisemblablement pas passée auprès de Joachim Son-Forget. Le lendemain, ce dernier lui répond sans détour. « Avec le pot de maquillage, Esther Benbassa, que vous vous mettez sur la tête, vous incarnez plus que jamais ce que vous tentez maladroitement de caricaturer. Vous le sentez l’amalgame violent maintenant ? »

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais le député de La République en Marche persiste et signe le jour de Noël :

« Je connais cette violence et cette vulgarité, ce sont les mêmes qui étaient déposées dans la boîte aux lettres de mes parents, lorsque j’ai rencontré Emmanuel. Voilà la citation de cet article partial et à charge du Monde détournée par madame Benbassa pour mettre de l’huile sur le feu, et ajouter artificiellement du mépris de classe jamais prononcé par l’intéressée à une situation personnelle qui lui vaut depuis des années des insultes ignobles. Et ensuite c’est moi que les trolls insoumis accusent de sexisme. Qu’elle retire et s’excuse. »

« 57 tweets en 97 minutes »

Joachim Son-Forget aurait aussi envoyé « 57 tweets en 97 minutes » à Esther BenbassaUne démarche dénoncée par la sénatrice qui ajouté le hashtag #MeToo à son tweet assurant que le député était « à la limite du harcèlement ».

Un internaute a fait une petite vidéo pour montrer la rafale de tweets du député.

Sur Twitter, des personnalités de différents bords politiques ont apporté leur soutien à la sénatrice, comme sa collègue UDI de l’Orne, Nathalie Goulet, ou encore l’ex-secrétaire nationale EELV Cécile Duflot.

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Le bureau du Groupe parlementaire LREM de l’Assemblée nationale « se désolidarise » Joachim Son-Forget « à la suite de ses propos inadmissibles ». « Aucune controverse politique ne justifie de verser dans le sexisme et la vulgarité », a tweeté Gilles Le Gendre, président du groupe La République en Marche à l’Assemblée nationale…

« Je n’ai pas attaqué sur le physique ! »

Après sa salve de tweets rageurs, le député français s’est longuement expliqué dans différents médias. Dans Libération, Joaquim Son-Forget assure qu’il n’a « pas attaqué sur le physique ! Déjà parce qu’on n’est pas tous égaux face à la vieillesse. Donc, ça aurait été injuste. Mais je considère que pour le reste, cela relève du choix personnel : comment on s’habille, comment on se coiffe, comment on se maquille. Je ne crois pas que ce soit inadmissible d’attaquer là-dessus. »

Cet ancien du Parti socialiste est docteur en médecine, et plus particulièrement d’un master en « psychologie sociale », diplômé en sciences cognitives à Normale Sup, et auteur d’une thèse sur « la perception subliminale ». Des connaissances qui lui ont permis de « lancer un débat sur la désinformation » en s’appuyant sur « les outils et les codes » de Twitter, selon lui. Joachim Son-Forget explique aussi : « Avec ma réponse un peu éclectique, j’ai voulu lui montrer ce que ça fait quand on est victime d’une campagne ad hominem. »

Il n’en est pas à son coup d’essai

L’ancien candidat au poste de délégué général de LREM n’en est pas à sa première polémique. Joachim Son-Forget avait notamment défendu le forain Marcel Campion. Ce dernier avait tenu des propos sur les homosexuels qui avaient créé de vives réactions en septembre dernier.

Plus récemment, l’homme de 35 ans s’en était pris directement à Donald Trump, après les critiques du président américain sur le gouvernement français durant les manifestations des Gilets jaunes à Paris le 8 décembre 2018.

Source : Ouest-france

 

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