Réchauffement climatique : Un défilé pour le conformisme

Depuis vendredi, les médias ne tarissent pas d’éloges sur la « Manifestation pour le climat », qui réunit des gymnasiens et des apprentis dans une quinzaine de villes du pays, dont Lausanne.

Des centaines de jeunes lobotomisés par la propagande climatique défilent dans les rues pour réclamer plus de taxes et d’interdictions, étant entendu que le porte-monnaie est le seul moyen pour « changer les choses ». Ils brandissent des pancartes pour réclamer moins de liberté, pour obtenir plus de gouvernement mondial, pour affecter le mode de vie de ceux qui ne pensent pas comme eux.

En France, les gilets jaunes manifestent pour ne pas mourir ensevelis sous les taxes et les interdictions, victimes collatérales des gouvernements engagés dans la lutte contre les moulins à vent climatiques. En Suisse, la jeunesse manifeste pour recevoir plus de taxes et d’interdictions.

Les commissaires politiques peuvent avoir la larme à l’œil ; le succès est total.

Il est loin le temps où l’école enseignait la pensée critique, formait l’esprit à une réflexion indépendante, aménageait des débats sur des sujets de société sans porter de jugement. Aujourd’hui, on n’y confronte plus les opinions ; on assène. Les dissidents sont impitoyablement réduits au silence. Le film de propagande d’Al Gore « une vérité qui dérange » fait partie du cursus obligatoire. Peu importe que le politicien, avec l’hystérie qui le caractérise, se soit régulièrement couvert de ridicule avec ses prédictions alarmistes ; comme pour les cadeaux, c’est l’intention qui compte.

En sortant de l’école, en ouvrant les journaux (gratuits ou non), en allumant leurs écrans, les enfants verront renforcé le message entendu à l’école ; sur ce sujet comme sur d’autres, pour un Suisse francophone et peu curieux, la contradiction n’existe pas, et même cela n’éveillera plus aucun soupçon chez lui.

Le mantra est répété chaque soir lors de la messe du 19:30. Les invités sont tous d’accord, les rapports perpétuellement effrayants, les prévisions toujours pires que prévu. Les signaux d’alarme se multiplient plus vite que les moustiques en été. On va tous dans le mur. On est fichus.

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…Mais ensuite, on apprend (ouf!) que tout n’est pas complètement perdu, et qu’avec quelques taxes par-ci, quelques prélèvements par là, quelques menues interdictions, peu de choses en somme, on pourrait sauver la planète! Si les experts de l’ONU le disent, des gens dignes de confiance, c’est que ça doit être vrai, non?

Les gouvernements mondiaux ont réinventé le commerce des indulgences, mais qui étudie encore l’histoire?

Il reste néanmoins quelques lueurs d’espoir

D’abord, nos élèves ont beau « faire grève » (quelque chose que j’avais toujours lié à une activité salariée, m’aurait-on menti?) pour le climat, ils ont la roublardise de la faire un vendredi ouvré. Courber les cours, ça n’a pas de prix. Nos manifestants seront un tout petit peu plus crédibles, et sans doute beaucoup moins nombreux, le jour où ils feront vraiment un effort personnel pour manifester – comme prendre sur leur temps libre.

Et puisque nous parlons de crédibilité, quelqu’un devrait dire à ces jeunes que celle-ci commence en donnant l’exemple. Je ne parle pas de jeter leurs pancartes en carton dans des containers de recyclage prévus à cet effet à la fin de la manifestation, mais simplement d’adopter et d’assumer le mode de vie qu’ils préconisent.

Fini les achats sur Internet et les vacances EasyJet! Qu’ils payent des billets de train avec la compensation CO2, qu’ils rechargent leurs smartphones à l’électricité verte! Je ne doute pas qu’ils trouveront toujours de nombreuses excuses pour ne pas le faire, mais enfin, demander à l’État de réglementer sa vie parce qu’on n’y arrive pas soi-même n’est guère une preuve de maturité.

Ensuite, il y aura peut-être quelqu’un d’un peu plus éveillé dans la foule pour comprendre que la Suisse est bonne élève en matière de protection de l’environnement par rapport à bien d’autres pays développés, et donc qu’en gros, si effort il y a il serait peut-être à faire ailleurs. Là où les gens ne manifestent rien d’autre que de l’apathie face à la préservation de l’environnement, par exemple. On pourrait mettre pratiquement tous les pays non-occidentaux dans cette catégorie, hélas.

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Enfin, le principal problème de l’hystérie, c’est qu’elle est difficile à entretenir sur la durée. L’état de panique face à la fin du monde sera long d’ici que la planète prenne feu spontanément en 2100. Les élèves suisses ont bien raison de vouloir renoncer à voyager ; en sortant des frontières du pays, ils risquent de plus en plus de passer pour des imbéciles en confrontant leurs opinions avec celles des peuples alentours.

En 2017, seulement 52% des Français et 50% des Allemands considéraient la prétendue « urgence climatique » comme la première priorité. Et en s’éloignant c’est encore pire: aux USA, ils n’étaient que 37% à s’inquiéter de ce thème – on parle du 2e pays le plus pollueur au monde – ou 18% en Chine – et là, on parle du premier. (Si vous vous posez la question, le sondage est présenté sur le site du WWF.)

Depuis que les Accords de Paris sont morts il y a un an et demi, le monde se désintéresse lentement de la théorie controversée du Réchauffement climatique. Sur le plan international, il n’y a plus d’argent à se faire. Mais comptons sur la Suisse, toujours en retard d’une guerre, pour rester le fer de lance d’un combat qui n’est plus une priorité que pour les élites qui voyagent autour du monde en jet privé.

Stéphane Montabert – Sur le Web et sur LesObservateurs.ch, le 21 janvier 2019

 

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