Pour le Machin (l’ONU), le niqab est un « droit de l’homme »…

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Le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU va sans doute demander à la France d’abroger la loi interdisant le port du niqab ou de la burka votée en 2010. Cette instance est un organe de surveillance du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme destiné à s’assurer du respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966.

Les 18 experts qui y siègent sont indépendants à l’égard de leur pays. Ils ressemblent à des juges mais ne jouissent d’aucun pouvoir de contrainte à l’égard des 172 Etats signataires, dont l’Arabie Saoudite ne fait pas partie alors qu’elle est membre du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Les Etats-Unis viennent de quitter ce dernier en raison de la présence en son sein de pays peu respectueux des droits de l’homme et de l’obsession anti-israélienne qui a caractérisé nombre de ses interventions.

On voit donc que dans le « machin », comme de Gaulle appelait l’ONU, les organes qui défendent les droits de l’homme constituent un ensemble vaste et complexe, avec un Haut-Commissariat, qui est le Secrétariat du Conseil, et reçoit les avis du Comité. Ce qui paraît curieux dans ses priorités apparentes, c’est la place donnée aux musulmans, présentés comme particulièrement victimes des entorses aux droits de l’homme.

C’est ainsi que le Haut-Commissaire précédent, Ra’ad Zeid Al-Hussein, avait appelé à déférer la Birmanie devant la Cour Pénale Internationale pour avoir, selon lui, perpétré un génocide envers les Rohingyas, une minorité islamique dont 700 000 membres s’étaient réfugiés au Bangla Desh, ce pays désormais soumis à la Charia, où la communauté hindouiste se réduit comme peau de chagrin, dans l’indifférence générale.

De même, c’est le Comité, cette fois, qui s’était ému de la discrimination subie par les Ouïghours musulmans en Chine. La Chine est membre du Conseil, mais il n’y a pas d’expert chinois au Comité. La Birmanie n’est présente ni dans l’un ni dans l’autre… De manière générale, l’intérêt soutenu pour les sévices et les persécutions subis par les musulmans serait davantage partagé à trois conditions. Il faudrait d’abord qu’un souci aussi marqué se manifeste envers les victimes de l’islamisme fanatique. La condamnation à mort et la détention sans fin d’Asia Bibi au Pakistan font l’objet d’un étrange silence.

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Ensuite, il faudrait que la discrimination inscrite au coeur même de l’islam, entre les musulmans et les autres, entre les hommes et les femmes, empêche les pays qui l’ont intégrée dans leur législation de se mêler de la question des Droits de l’Homme avec laquelle ils sont en contradiction de manière structurelle.

Enfin, il paraîtrait logique de ne défendre la liberté religieuse comme droit de l’homme que dans le cas où la religion ainsi protégée tolère elle-même cette liberté. L’interdiction de changer de religion sous peine de sanction, y compris mortelle, le refus de la pratique d’un autre culte, l’obligation pour les musulmans, et pour les femmes en particulier, de soumettre leurs comportements à des règles religieuses envahissantes et coercitives, sont hélas le lot de nombre de pays qui se réfèrent à la Charia.

Une question de sécurité

La question du voile intégral met en lumière les contradictions, voire la confusion qui habitent la pensée de l’ONU, et des démocraties occidentales en particulier, quand il s’agit des droits de l’homme. La contrainte de le porter dans certains pays, et de manière discriminante et humiliante, peut difficilement se présenter chez nous comme une expression de la libre volonté qu’il faudrait à tout prix respecter. Une liberté qui cache surtout une dissidence, un refus du vivre-ensemble, une provocation assumée à l’encontre de la société dans laquelle on vit, ne mérite pas qu’on la protège.

Que l’ONU puisse si peu que ce soit interpeller les pays qui interdisent ce vêtement dans l’espace public constitue une inversion caractérisée des valeurs de liberté et d’égalité qu’elle prétend défendre. Qui plus est, la justification de la loi française ne met nullement en cause la religion. J’avais été le premier à la mettre en avant : il s’agit d’une mesure de sécurité. Il est absurde d’autoriser des gens à dissimuler leur visage alors qu’on installe des systèmes de vidéosurveillance partout. Si le port d’un signe distinctif est admissible dans une société libérale, le niqab ou la burka, qui ne sont même pas imposés par la charia, doivent être prohibées.

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Rédoine Faïd vient de fournir un argument : il sortait revêtu de cette tenue pour ne pas être identifié. Il n’aurait pas pu prendre ce risque si la loi était appliquée en France, mais chacun sait qu’elle ne l’est pas en raison des violences auxquelles les policiers s’exposeraient en la faisant respecter dans les territoires perdus de la République…

Cette exigence pointilleuse et paradoxale de l’ONU à l’égard d’une « liberté religieuse » discutable et qui peut favoriser le déguisement des terroristes paraît , soit grotesque, soit suspecte : grotesque puisqu’elle braque le projecteur sur une entorse justifiée à la liberté en laissant dans l’ombre les crimes qui sont commis par ailleurs ; suspecte, car on se demande bien ce qui peut motiver dans l’oligarchie bien-pensante qui siège dans les instance de l’ONU une pareille aberration intellectuelle. Dieu merci. La France devrait se soucier de cette admonestation comme d’une guigne. En revanche, elle devrait, en réaction, se décider à appliquer absolument la loi !

 

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