30 % des colonies d’abeilles sont mortes durant l’hiver dernier en France

C’est un taux de mortalité effrayant. Selon un nouveau rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), 30 % des colonies d’abeille sont mortes en France pendant l’hiver 2017-2018. Le taux est habituellement de 10 %. Une hécatombe pour les apiculteurs qui dénoncent un usage trop intensif des pesticides dans l’agriculture.

Ce sont des lanceuses d’alerte et elles sont clairement en danger. Un tiers des colonies d’abeilles sont mortes lors de l’hiver 2017-2018. C’est la principale conclusion d’une étude menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation (Anses) à la demande du ministère de l’Agriculture. Cette vaste enquête a été réalisée auprès de 46 500 apiculteurs dont 14 000 ont répondu.

« Cette enquête montre que le taux moyen de mortalité des colonies d’abeilles à l’échelle nationale durant l’hiver 2017-2018 est estimé à 29,4 %, très au-delà du taux de 10 % de mortalité hivernale qualifié de « normal » par l’ensemble des acteurs concernés (apiculteurs, scientifiques…) », souligne le ministère.

Des taux de mortalité « gravissimes »

Ces taux de mortalité sont « gravissimes », confirme l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf), « on évoque habituellement le taux de 30 % de mortalité sur l’année (en saison et en hiver), et avec ce seuil, pratiquer l’apiculture est intenable… Là ce taux intervient sur 4 mois de l’année ».

En cause, notamment, les néonicotinoïdes. Ces pesticides « tueurs d’abeilles » sont accusés de décimer les colonies en attaquant le système nerveux des abeilles ce qui les désorientent et les affaiblissent. En 1995, affirme l’Unaf, 5 % des colonies d’abeilles disparaissaient chaque année contre 30 % aujourd’hui.

Interdiction des néonicotinoïdes

Pour ralentir le phénomène, depuis le 1er septembre, cinq néonicotinoïdes sont interdits en France. « On est dans une phase cruciale », expliquait en mars Delphine Batho, députée et ancienne ministre de l’Environnement. « Les abeilles sont les lanceuses d’alerte de l’effondrement de la biodiversité. Nous devons fermement appliquer la loi », plaide-t-elle. Ce que craignent les associations environnementales et les apiculteurs, ce sont des dérogations que le gouvernement pourrait accorder.

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« Nous pressons les pouvoirs publics de sortir notre agriculture de sa dépendance aux pesticides. Il faut saisir l’opportunité de la renégociation de la PAC (politique agricole commune) pour réorienter notre modèle agricole », demande Gilles Lanio, président de l’Unaf, dans le Monde.

En juillet, le ministère de l’Agriculture avait débloqué trois millions d’euros à destination des apiculteurs pour qu’ils renouvellent leurs essaims. Cet aide forfaitaire équivaut à 80 euros par essaim acheté.

Marina Fabre @fabre_marina

 

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