À Bruxelles, Macron soutient le pacte migratoire de l’ONU !

Le président français Emmanuel Macron a exprimé lundi son plein soutien au pacte des Nations unies pour “des migrations sûres, ordonnées et régulières”, qui doit être signé le mois prochain au Maroc et auquel s’opposent entre autres les Etats-Unis, l’Australie, l’Autriche et la Hongrie.

“La France le soutient clairement”, a affirmé le chef de l’Etat français au cours d’une conférence de presse conjointe à Bruxelles avec le Premier ministre Charles Michel, au premier jour d’une visite d’État en Belgique – la première du genre en 47 ans.

Des débats “légitimes”

Macron a toutefois jugé “légitimes” les débats en cours dans plusieurs pays européens – dont certains rejettent désormais ce pacte, dont la Hongrie, l’Autriche et la République tchèque – et rappelé que ce texte, longuement négocié au sein des Nations unies, n’était “pas contraignant” tout en constituant une “étape importante dans la coopération internationale” en matière de migration, un phénomène “avec lequel nous continuerons à vivre”.

Ndlr : La liste des États s’opposant au projet de l’ONU commence à s’allonger lourdement ! Au total ce ne sont pas moins de 9 pays qui ont décliné le pacte migratoire !

“L’Europe n’est qu’une part très marginale de ce que sont les migrations internationales, y compris lorsqu’on parle des migrations africaines, dont l’écrasante majorité sont des migrations intra-africaines, qui touchent plus encore le sud de l’Afrique qu’elles ne touchent l’Europe”, a souligné Macron.

“Le sujet des migrations internationales est un sujet extrêmement important. C’est une réalité de notre monde, il se nourrit des inégalités profondes de celui-ci. Et qu’il y ait une discussion, un partenariat, une meilleure coopération internationale sur ce sujet est une bonne chose”, a-t-il ajouté.

“Un bon texte”

“La démarche des Nations unies est donc louable. Et le texte non engageant et non contraignant juridiquement auquel cette négociation a abouti est, je considère, un bon texte. Parce qu’il permet d’améliorer la coopération et il donne d’ailleurs des lignes de solutions reposant sur un partenariat en matière de développement économique et éducatif, en matière de sécurité, un meilleur partenariat en termes aussi de coopération entre les pays d’origine, de transit et d’arrivée. Et surtout un meilleur partenariat en matière de lutte contre les réseaux de trafiquants (d’êtres humains). C’est exactement au coeur de la stratégie européenne. Pour toutes ces raisons, la France le soutient pleinement”, a poursuivi le président français.

Les débats qui ont lieu en Europe sont “légitimes”, a-t-il assuré, tout en se déclarant optimiste sur le résultat de ces discussions. “Je suis confiant sur l’issue qu’ils trouveront et j’attire l’attention de chacun sur, parfois, les contre-vérités qui peuvent être dites sur ce traité” qui n’est pas un “traité contraignant”, a dit Macron. “Il me semble que les solutions qu’il propose vont exactement dans la direction à la fois des valeurs de l’Europe et de (ses) intérêts”, a-t-il conclu.

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Source 7sur7.be

Le “bon texte” selon Emmanuel Macron

Voici quelques exemples des exigences absolument irréalistes auxquelles devrait se soumettre les pays qui signeront le pacte :

  • des campagnes d’information et des cours adaptés aux hommes et aux femmes et comprenant notamment l’enseignement de la langue du pays de destination doivent être organisés dans le pays d’origine des migrants en collaboration avec les autorités locales.
  • des visas humanitaires doivent être accordés et des programmes de réinstallation doivent être mis sur pied en faveur des migrants qui quittent leur pays en raison des destructions environnementales et du changement climatique.
  • les conditions actuelles du regroupement familial doivent être simplifiées notamment en ce qui concerne les exigences en termes de revenu, de connaissances linguistiques, de durée du séjour et d’obtention de l’aide sociale.
  • en cas d’engagement des migrants tous les documents contractuels et toutes les informations doivent être rédigés dans une langue compréhensible pour les migrants.
  • il sera interdit aux agences de placement de demander au migrant le paiement des frais d’intermédiation et de placement.
  • le droit du travail et le droit concernant les étrangers doivent être révisés afin qu’ils tiennent tout particulièrement compte des besoins des migrantes. En outre, des services de conseil agissant spécifiquement en fonction des besoins des femmes et des hommes doivent être créés. Des cours particuliers, par exemple sur la manière de tenir une comptabilité personnelle et d’ouvrir un compte en banque, doivent être offerts aux migrantes.
  • la légalisation des migrants séjournant illégalement dans le pays (les sans-papier) doit être simplifiée.
  • les victimes de trafic d’êtres humains doivent bénéficier de soins particuliers et avoir le droit de rester dans le pays.
  • un système d’information national doit être mis en place et des cours de formation doivent être offerts afin que la population identifie plus rapidement les indices de trafic d’êtres humains, de travail forcé, de travail d’enfants et d’autres pratiques semblables.
  • la détention en vue de l’expulsion est remise en doute par principe et les personnes concernées doivent bénéficier de conseils juridiques et de l’assistance d’avocats indépendants et gratuits.
  • les échanges d’informations entre les institutions d’aide sociale et apparentées avec les autorités de migration ne doivent pas porter atteinte à la sphère privée des migrants.
  • des organisations indépendantes de l’Etat doivent régulièrement contrôler et surveiller les services que l’Etat offre aux migrants.
  • l’ensemble du personnel médical doit être spécialement formé pour recevoir des migrants.
  • l’Etat doit mettre à disposition des centres communaux offrant des programmes de parrainage, facilitant les contacts sociaux, encourageant le dialogue interculturel et les échanges d’histoires entre les migrants et la population locale. Des activités multiculturelles comme le sport, la musique, les arts, des festivals culturels, etc. doivent être soutenues par l’Etat afin d’encourager la compréhension réciproque.
  • le thème de la migration doit être traité dans le cadre des plans d’enseignement. Les écoles comptant une forte proportion de migrants doivent recevoir des fonds d’encouragement supplémentaires pour financer des projets d’intégration.
  • les actes pénaux contre les migrants doivent être poursuivis plus efficacement et la protection des victimes chez les migrants doit être renforcée.
  • les médias y compris les portails internet doivent être surveillés et évalués afin de vérifier si leurs comptes rendus sur des thèmes migratoires sont équilibrés. Si tel n’est pas le cas, l’Etat ne pourrait plus offrir son soutien. De surcroît, les journalistes doivent être spécialement formés dans les thématiques touchant à la migration.
  • des campagnes publiques doivent informer la population sur les aspects positifs de la migration et contrer l’intolérance, le racisme et d’autres phénomènes du même genre.
  • une procédure simplifiée doit être mise en place pour offrir des crédits aux migrants souhaitant créer une entreprise.
  • le virement d’argent dans les pays d’origine doit être simplifié. Le coût des transactions ne doit pas dépasser 3% de la somme virée. Des frais de transaction supplémentaire à 5% seraient illégaux. Les Etats doivent à cet effet mettre en place des solutions techniques novatrices comme les versements via le téléphone mobile, le télébanking, etc. La législation doit être modifiée afin que des entreprises non soumises à la règlementation sur les banques puissent également offrir des services de virement d’argent. L’Etat devrait de surcroît mettre en place un site internet comparatif informant sur les tarifs des virements internationaux.
  • des catégories spéciales de comptes en banque doivent être créés pour les migrants ayant un faible revenu ainsi que pour les migrantes élevant seules des enfants.
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Son but serait de garantir une « migration sûre, ordonnée et régulière » en permettant aux migrants d’accéder plus facilement aux pays de leur choix indépendamment de leurs qualifications. Il créera des itinéraires légaux, introduira une censure médiatique pour assurer des comptes rendus équilibrés dans les médias, des cours dans la langue du pays de destination déjà dans le pays d’origine du migrant, facilitera le regroupement familial de même que les transferts d’argent vers le pays d’origine.

En partant de la résolution « Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants » du 19 septembre 2016, l’ONU a préparé sous la conduite des chefs de mission suisse et mexicain un « Programme global de migration et de développement ».

Le 13 juillet 2018 ce Pacte global pour les migrations (Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration) a été adopté par l’assemblée générale de l’ONU et il est prévu que les chefs d’Etat et de gouvernement l’approuvent formellement dans le cadre d’une conférence organisée au Maroc.

Fabrice Drapel pour alter INFO

 

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