Macronneries – « Lettre présidentielle » et « Grand débat national »

La lettre présidentielle est l’aveu d’un manque de réflexion au plus haut sommet de l’Etat. Macron y écrit notamment : “Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie”. C’est faux. Il ment.

Beaucoup de questions seront interdites et d’ailleurs elles ne figurent pas à l’ordre du jour fixé par le pouvoir, par le régime Macron. Le “Grand débat”, que Macron confirme dans sa Lettre, “c’est du gaz soporifique”, estime-t-on du côté des Gilets jaunes.

La dernière bourde du président date du mardi 15 janvier : Macron veut “responsabiliser” les gens en “difficulté” car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent”. Ici, Macron s’exprime en mauvais français ; il parle comme un sale gamin en culottes courtes.

Concernant les personnes en très grande détresse économique et sociale, il les taxe, bel euphémisme, de gens en “difficulté”. Et il ajoute, sans déconner, que certains d’entre eux “déconnent”. On a envie de lui répondre : “c’est toi qui déconnes, et, si tu continues, on te casse la tête, pauv’con”.

Rien de comestible

A propos des Macronneries, Michel Janva écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Notre pays est un expert de la recette de l’inaction : On met d’abord une pincée de « dialogue social » qui, en réalité, est un monologue des syndicats qui ne représentent plus personne mais qui refusent tout changement pour préserver des privilèges.

Ensuite, pour faire monter la pâte, on crée un organisme public ou parapublic. C’est le meilleur moyen d’assurer l’immobilisme. Cet organisme comprendra des fonctionnaires et des hauts fonctionnaires qui n’ont aucun intérêt à ce que les choses changent.

Enfin, cerise sur le gâteau, on lance une « consultation citoyenne » précédée par une bien mielleuse « Lettre aux Français ». Pour être sûr que rien ne bouge, on fait semblant de demander l’avis du peuple. Le résultat est prévisible : rien de comestible ne sortira de cette recette bien française, ajoute Michel Janva.

Les élites post-modernes ont perdu leur légitimité

De son côté, Arnaud Benedetti écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : “L’une des racines des événements que traverse le pays n’est autre que l’effondrement des élites et des vertus morales qu’elles devraient incarner.

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Le sentiment anti-élites que le mouvement des gilets manifeste de manière diffuse, voire explicite, repose sur cette idée que la France du haut a trahie, qu’elle n’est plus de l’acier qui l’autorise à diriger, qu’elle s’est de facto dégradée en oligarchie. La crise des « gilets jaunes » est une crise du partage ; elle signifie l’absence de liens, d’expériences communes, de minimum républicain qui fasse socle et sens.

Les turbulences de l’histoire, les églises et organisations militantes de masse, le service militaire éventuellement avaient forgé une forme minimale de résilience collective qui s’est dissoute sur les rives du consumérisme, des individualismes et autres bonheurs privés.

À ne pas traverser les feux de la souffrance, à ne pas la reconnaître également, voire à la dénoncer comme un déficit d’adaptation à la mondialisation, les élites post-modernes ont perdu leur légitimité, condition de leur acceptabilité. Ce faisant, leur statut s’est modifié, les ramenant in fine à un agrégat bien plus oligarchique que méritocratique”, précise Arnaud Benedetti.

Paresse au plus haut sommet de l’Etat

Enfin, Ivan Rioufol, de son côté, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le grand débat national sauvera-t-il Emmanuel Macron du naufrage ? C’est sa survie politique que met en jeu le chef de l’Etat, avec sa lettre aux Français. Son plan de secours vise, dans les mots, à “bâtir un nouveau contrat pour la France”.

Macron se propose de “répondre par des idées claires” à la “grande inquiétude” et au “grand trouble” qui ont gagné les esprits. Or, cette clarté fait défaut. La lettre présidentielle est l’aveu d’un manque de réflexion au plus haut sommet de l’Etat. Cette paresse ne date pas d’hier. Toutefois, le chef de l’Etat l’a perpétuée.

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“Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau”, concède le président. “De ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées”.

Mais comment croire que deux mois de doléances et de débats improvisés suffiront à réparer cette crise de l’intelligence, ses impensés, ses récitations obligées, ses imprévoyances ? Il y a une contradiction insurmontable à observer la Macronie vouloir garder son autorité sur un défouloir populaire qui récuse précisément la mainmise étatiste. Ce sont deux membres du gouvernement, Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu, qui seront chargés d’animer les débats.

Comment croire que les Gilets jaunes, que la lettre prend soin de ne pas citer, se satisferont de cette mise sous surveillance par le pouvoir ? Le rejet de Macron est tel que son grand débat risque fort d’accoucher d’une souris. Le président avance en reculant, dans cette initiative aux buts mal définis. Macron aurait évidemment fait l’économie d’un tel choix si les Gilets jaunes ne l’avaient pas contraint à bouger.

En fait, le chef de l’Etat n’arrive pas à se défaire du soupçon d’insincérité. A quelques phrases d’intervalle, il peut écrire : “Pour moi, il n’y a pas de questions interdites”, contredisant le porte-parole du gouvernement qui affirmait le contraire, et un peu plus loin :

“Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises”. A quoi bon susciter un grand débat sans tabou, si Macron n’entend pas amender sa politique au cas où les réponses contredisent ses choix ?, conclut Ivan Rioufol.

Michel Garroté pour LesObservateurs.ch

https://www.lesalonbeige.fr/lettre-aux-francais-et-grand-debat-national-la-recette-francaise-de-linaction/

http://www.valeursactuelles.com/societe/quand-les-elites-font-secession-et-que-la-france-des-tranchees-sociales-renait-102845

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2019/01/le-grand-debat-entrave-par-ses.html

 

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