Roundup de Monsanto et cancer : un jury américain fait de nouveau le lien

Les jurés du tribunal fédéral de San Francisco ont déclaré mardi que le Roundup, l’herbicide à base de glyphosate de Bayer-Monsanto, était un “facteur significatif” dans le déclenchement du cancer d’un plaignant californien.

Nouveau revers judiciaire de taille pour le géant agrochimique Bayer (qui a racheté Monsanto l’an dernier) : son produit phare, le désherbant Roundup, à base de glyphosate, a été jugé cancérogène pour la seconde fois, par un jury californien mardi 19 mars lors d’un procès considéré comme “test”. Alors que le Roundup fait l’objet de milliers d’actions en justice aux États-Unis, le groupe allemand dégringolait de plus de 10 % en Bourse mercredi matin.

Le procès avait débuté le 25 février dernier : le plaignant, Edwin Hardeman, un septuagénaire retraité, vivant au nord de San Francisco, s’était vu diagnostiquer, en février 2015, un lymphome non hodgkinien et un cancer du système lymphatique, et il avait engagé une action en justice un an plus tard. Durant le procès, il a expliqué à la barre avoir pulvérisé de “grandes quantités” de Roundup pendant plus de 25 ans pour éliminer de sa propriété une plante très urticante, le sumac vénéneux. Et “pas mal de fois”, le désherbant s’est retrouvé en contact avec sa peau, a-t-il ajouté.

Le Roundup a été “un facteur substantiel” du cancer du septuagénaire, ont estimé à l’unanimité les jurés du tribunal fédéral de San Francisco.

En août dernier, un jury californien avait déjà considéré que le Roundup était à l’origine du cancer qu’a développé Dewayne Johnson et avait condamné la filiale de Bayer à lui verser 289 millions de dollars (253 millions d’euros). Depuis, les dommages-intérêts ont été réduits à 78 millions de dollars.

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Une seconde phase du procès pour évaluer la responsabilité du groupe

À l’énoncé du verdict, Edwin Hardeman et ses avocats se sont enlacés. “Nous sommes très satisfaits”, a réagi une de ses avocates, Jennifer Moore. Bayer, de son côté, s’est dit “décu” dans un communiqué, en réaffirmant, comme il l’a toujours fait, que “la science confirme que les désherbants au glyphosate ne causent pas le cancer”.

La décision des jurés mardi clôt la première phase du procès Hardeman, consacrée à la responsabilité du Roundup dans la maladie du plaignant. La seconde s’ouvre mercredi, devant le même jury, au sujet de la responsabilité de l’entreprise et les dommages et intérêts éventuels. Les jurés devront cette fois répondre aux questions suivantes : Monsanto connaissait-il les risques ? Les a-t-il cachés ? Si oui, quels sont les dommages et intérêts qu’il doit payer ? Les détracteurs du géant agrochimique estiment notamment que celui-ci a téléguidé, voire fait modifier, certaines études à son avantage.

“Nous sommes certains de pouvoir montrer, lors de la seconde phase, que Monsanto a agi comme il le fallait et qu’il ne doit pas être rendu responsable du cancer de M. Hardeman”, a expliqué le groupe allemand dans son communiqué.

Le procès Hardeman, qui pourrait durer encore environ deux semaines, est ce qu’on appelle en droit américain un “procès test” car son issue doit officiellement servir de baromètre pour les procès regroupés avec lui. Concrètement, il permet aux différentes parties de déterminer s’il vaut mieux signer un accord à l’amiable hors tribunaux pour solder les poursuites, comme cela se fait souvent aux États-Unis. Le Roundup fait l’objet de 11 200 actions en justice dans le pays.

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Avec AFP et Reuters

 

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