L’Union européenne productrice de fake news

Temps de lecture : 3 minutes

Au nom de la « lutte contre la désinformation », l’Union Européenne est en passe de supprimer des sites et des contenus qui lui sont défavorables.

Par Frédéric Duval.

Cela fait plusieurs années que l’Union Européenne se préoccupe de ce qu’elle nomme la désinformation.

Pour être plus précis, l’objectif est avant tout de lutter contre la propagande de pays adverses comme la Russie, qui tente de saper l’unité — très discutable — de l’Union Européenne. La guerre de l’information n’est pas une chose nouvelle mais c’est son arrivée sur Internet qui a un goût de nouveauté.

Contrairement aux médias traditionnels, le web offre la possibilité à tout un chacun de construire un commentaire, une information, et de les divulguer très rapidement sur ses réseaux. Ce moyen médiatique renforce aujourd’hui énormément la diversité de l’information aux citoyens. Internet a cela de magnifique qu’il est un canal où l’information donnée par n’importe qui peut également se propager comme un feu de paille sur les réseaux. Les citoyens contribuent ainsi à l’information publique en diffusant, commentant, publiant leurs photos et vidéos, sans passer par une autorisation institutionnelle directe ou indirecte.

Évidemment, ces réseaux permettent également aux intelligences étrangères d’essayer de saper les institutions en soulignant les incohérences, les problèmes ou en divulguant des fausses nouvelles. Quelques mois avant les élections européennes, l’UE a pris des mesures en mettant en place un plan de lutte contre la propagande étrangère qui prend des dispositions absolument orwelliennes contre la pensée dissidente… et va bien au-delà de la simple dénonciation de désinformation !

En effet, ce plan possède clairement les caractéristiques d’un État aux penchants totalitaires :

  • Prise de contrôle indirecte des médias privés de l’Internet (FB, Google…) par des exigences légales complètement disproportionnées,
  • Mise en place d’une possibilité de dénonciation citoyenne,
  • Création d’un bureau « de la vérité » avec des experts choisis.
Lire aussi:  François Asselineau : « L’ Europe n’est pas la solution mais le problème » (Vidéo)

Nous ne sommes qu’à un stade préliminaire mais la tendance est clairement donnée : il s’agit bel et bien de contrôler cette liberté de parole qui mine la confiance des votants dans les institutions européennes.

La partialité européenne dans les faits

En novembre, la task force européenne (EUvsDisinfo) classait un article de presse russe comme de la désinformation car cet article disait que Macron exhortait les pays de l’UE à abandonner leur souveraineté.

Pourtant, Macron a clairement dit dans son discours : « Nous [les membres de l’UE] devrons partager, mettre en commun nos décisions, nos politiques en matière d’affaires étrangères, de migration et de développement, une part croissante de nos budgets et même des ressources fiscales, et construire une stratégie de défense commune. »

On peut difficilement l’interpréter autrement que comme une demande de délégation du pouvoir des États-nations à l’entité européenne. C’est précisément ce qu’il demande !

L’article n’est donc pas de la désinformation mais bel et bien une interprétation tout à fait crédible sur des paroles données. « Abandonner votre autorité » ou « Partagez vos décisions avec les autres États » ne sont que des expressions différentes d’un même fait : celui de confier le pouvoir légal national à une institution internationale, l’Union Européenne.

On voit là le biais de ces « experts » qui classent comme désinformation toute critique faite à l’encontre de l’Union européenne. En consultant leurs « analyses », la partialité saute aux yeux :  on peut voir une claire tendance à ne s’intéresser qu’aux nouvelles d’origine russe ou apparentées (Sputnik, RT…) et à ne traiter que les nouvelles eurosceptiques.

Lire aussi:  Corruption au sein du Parlement européen?

Ce n’est donc pas une lutte contre la désinformation mais bien une campagne de propagande partiale n’ayant pour seul objectif la protection des institutions européennes.

Une analyse des lois contre la désinformation dans « Le 10e Homme »

Dans la publication de ce mois du « 10e Homme » (notre publication mensuelle en partenariat avec H16), nous ajoutons la contribution du Luxembourgeois Bill Wirtz qui tiendra un billet régulier sur l’Union Européenne.

Ce mois-ci il nous a fait un récapitulatif de l’évolution des mesures européennes contre la désinformation et explique la stratégie générale de l’UE pour mieux contrôler les informations du net et les plateformes privées.

Selon lui, le plus intéressant est de comprendre comment les sites seront dorénavant classés et enregistrés s’ils ont le malheur de divulguer ce que leurs experts classent comme « désinformation ».

Le futur que nous réserve l’Union Européenne fait peur à voir. Il y a bien des risques pour que vos publications préférées finissent un jour dans une liste noire européenne et se voient couper toute possibilité de promouvoir leur contenu sur les principaux moteurs de recherche et réseaux sociaux.

Si cette prédiction paraît exagérée, je vous invite à prendre connaissance du travail de Bill Wirtz sur ce qui a déjà été fait jusqu’à présent. On pourrait tous être très surpris par la vitesse de l’évolution législative européenne.

Frédéric Duval pour Contrepoints

 

Ceci est mon bloc de texte après le contenu de mon article.

En savoir plus

Plus de partages

Laisser un commentaire

shares
WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com