Il y a 80 % de poissons en moins qu’en 1950… pour deux fois plus de bateaux de pêche

L’Homme a touché le fond, mais il creuse encore…

Selon une récente étude, le nombre de navires de pêche dans le monde a doublé ces dernières années, mais à l’inverse, la quantité de poissons que nous capturons ne représente qu’un cinquième seulement de ce qu’elle était en 1950. Une statistique affolante qui fait état des conséquences catastrophiques de la course à la productivité.

Une industrie de la pêche de plus en plus « efficace »

L’étude a été publiée dans la très sérieuse revue PNAS. Ces dernières années, les diverses flottes de pêche qui parcourent nos océans se montrent de plus en plus motorisées, automatisées et efficaces dans leurs activités. Néanmoins, les stocks de poissons se raréfient de plus en plus, ce qui donne, en conséquence, plus de travail aux pêcheurs. Mais dans le même temps, le nombre de bateaux de pêche continue à augmenter de manière drastique, passant de 1,7 million en 1950 à 3,7 millions en 2015.

C’est encore plus important en Asie, où le nombre a été multiplié par quatre. Pour bien comprendre les raisons de cette prolifération de bateaux, il faut avoir à l’esprit que chaque bateau rapporte à peine un cinquième des captures qu’il faisait auparavant pour la même quantité de travail.

On peut également citer en exemple la baie de Somme en France, qui possède le même pourcentage de 80 % de poissons en moins entre 1987 et 2012. Ce qui a été avancé par les pêcheurs en mer s’est vérifié par une étude scientifique d’il y a quelques mois. La densité de poissons au km² est ainsi passée de 200 000 à 40 000 individus. L’étude, co-écrite par cinq scientifiques, a été publiée dans la revue Global Change Biology.

Quelles sont les raisons d’un tel manque de poissons ?

Comme nous vous l’avons dit ci-dessus, le progrès technologique a progressivement motorisé les bateaux qui se montrent, logiquement, de plus en plus performants. Auparavant, au milieu du XXe siècle, les pêcheurs pratiquaient une activité artisanale avec un cinquième seulement de bateaux motorisés. En 2015, cette dernière statistique est passée à 68 %.

La responsabilité des désastres qui impactent les poissons revient très majoritairement aux gigantesques navires-usines. Ils ne représentent pourtant que 5 % de la flotte mondiale, c’est dire leurs conséquences désastreuses. Leur activité abîme très sévèrement les fonds marins en raflant sur plusieurs semaines le plus de poissons.

À titre d’exemple, on peut rappeler l’émission Cash Investigation qui avait dénoncé les ravages de la surpêche de thon dans l’océan Indien par des navires-usines. Pointés du doigt depuis des années par les ONG, de plus en plus d’études scientifiques viennent corroborer les accusations des pêcheurs ou de ces dernières.

Et elles sont toutes alarmantes quand il est question de la pérennité de la ressource de ces régions : les poissons. Cette pêche industrielle est totalement contre nature puisque, quand des thons sont censés mesurer 1 m à maturité, la plupart de ceux pêchés ne font que 45 à 50 cm de long. La croissance de la région en est directement impactée.

Qui sont les victimes ?

Premièrement, la nature est directement impactée et peine à se renouveler de par la capacité de pêche qui est bien trop intensive. Le CPUE est un indice d’efficacité qui permet de juger les stocks et les ressources de chaque région du globe, comme le souligne Yannick Rousseau, l’auteur principal de l’étude. En Afrique et Asie du Sud-Est, on peut très nettement constater que « la capacité de la pêche augmente à un rythme bien supérieur à celui du renouvellement de la ressource ».

Deuxièmement, les pêcheurs locaux sont directement impactés par le manque de poissons d’un endroit donné. Les navires géants ont, eux, seulement besoin d’aller un peu plus loin dans les eaux internationales, et ne tiennent pas compte du renouvellement des stocks d’une région géographique.

Dans certaines autres régions, comme l’Europe de l’Ouest ou l’Amérique du Nord, des quotas de pêche et des mesures de conservation ont été mis en place. Heureusement, on note la stabilisation du CPUE, ce qui est bon signe et prouve que les mesures sont effectives. Dans ce sens, le Parlement européen a voté l’année dernière l‘interdiction de la pêche électrique dans ses eaux territoriales d’ici 2021.

En Asie, la Chine a évoqué la mise en place d’un plan sur cinq ans afin de réduire les captures et restructurer les stocks de poissons. Malheureusement, les chercheurs concluent d’une manière bien pessimiste leur rapport : plus d’un million de bateaux en plus parcourront les mers et les océans de notre planète d’ici 2050… avec des technologies encore plus effectives pour attraper des poissons de plus en plus rares.

Source Daily Geek Show

Pêche industrielle le carnage

D’où vient le poisson qui est dans votre assiette ? Nul besoin d’aller à l’autre bout du monde pour voir le pillage de l’océan à l’oeuvre. Chez nous, des navires-usines français et étrangers sont à l’oeuvre. Leur fonctionnement est redoutable et ne laisse aucune chance, ni aux poissons, ni aux dauphins… Ce sont eux qui fournissent les poissons de la plupart des produits transformés à base de poissons qui abondent dans nos supermarchés.

Nous avons filmé l’un d’entre eux il y a quelques jours – un allemand au large du Golfe de Gascogne- et ça n’a pas plu à son capitaine. Que ce genre de pêche soit encore autorisé est une abération. Nous sommes en train de détruire l’océan qui nous rattache à la vie.

 

Publié par alter INFO

 

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