«Je me bats contre l’utilisation abusive du changement climatique à des fins politiques»

Roger Köppel, historien, rédacteur en chef et analyste de premier plan, explique dans cette interview comment les verts, marqués par des idées communistes, tentent de détruire les libertés suisses en entretenant l’hystérie climatique.

Monsieur Köppel, vous critiquez l’hystérie qui accompagne le changement climatique. Pourquoi ?

Parce que les milieux de gauche et des verts abusent du changement climatique pour imposer un régime de contrainte. Ces gens cherchent à provoquer un changement de système. Les idées communistes des verts de la fin des années quatre-vingts refont surface aujourd’hui. En provoquant et en entretenant l’hystérie climatique et en semant la panique, ils cherchent à démanteler l’économie de marché. Ils veulent tout supprimer : la liberté de mouvement, l’approvisionnement énergétique sûr, le libre choix, la prospérité, la société industrielle.

Ils veulent nous dicter comment nous déplacer, comment chauffer et nous imposer ce que nous devons manger. Comme de coutume, la classe moyenne doit supporter et payer ces excès. Cherchant à placer la population sous tutelle et à redistribuer tous les biens, les verts considèrent la Suisse comme un compte en banque duquel ils peuvent prélever de l’argent que d’autres y ont versé.

Niez-vous le changement climatique ?

Non, le changement climatique est une réa­lité – depuis des millions d’années. En revanche, je me bats contre les tentatives d’abuser de ce phénomène à des fins politiques. Je refuse de subir un bouleversement total sur la base d’allégations infondées et pseudoscientifiques. La politique climatique voulue par les verts est un retour au moyen-âge, à une époque où seuls les riches et les nobles pouvaient voyager.

Pourquoi l’UDC ne veut-elle rien faire pour le climat ?

Nous faisons beaucoup pour notre environnement, no­­tamment grâce à nos paysans. Notre parti combat l’immigration de masse. Nous sommes contre le bétonnage des paysages, contre la surpopulation, contre la surexploitation des infrastructures et de l’environnement. Voilà une authentique politique de protection de l’en­vi­ronnement.

Nous sommes aussi pour l’économie de marché, qui vise l’efficacité et une utilisation économe des ressources. La focalisation quasi religieuse sur le changement climatique détourne l’attention des vrais problèmes: exploitation dévastatrice des océans, pollution par le plastic, surpopulation. Et l’ONU renforce ces facteurs nuisibles par sa politique de migration.

De nombreux scientifiques – également en Suisse – mettent en garde depuis longtemps contre le réchauffement de l’atmosphère dû aux activités humaines. Se trompent-ils tous ?

On attend toujours la preuve scientifique démontrant que les humains exercent une influence significative sur le climat. Le mot décisif est «significatif». Le Conseil mondial du climat l’a lui-même admis dans son rapport de 2013. Celles et ceux, qui prétendent que le l’être humain – et seulement l’être humain – est responsable de l’augmentation de la température d’un degré durant les 150 dernières années, ne disent pas la vérité.

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Le PLR a récemment interrogé sa base et il a reçu pour réponse que le parti doit devenir plus vert. Cela ne vous donne-t-il pas à réfléchir ?

La direction du PLR cherche malheureusement prendre le train du climat en marche. Elle avait déjà agi ainsi lors de la fameuse «mort des forêts» – qui n’a jamais existé. L’UDC est aujourd’hui le seul parti suisse à s’opposer aux milieux qui abusent du changement cli­matique pour semer la panique, installer un régime de contrainte et détruire les valeurs libérales fondamentales.

Ma critique s’adresse cependant explicitement à la direction du PLR. La base de ce parti me semble nettement plus raisonnable. Par exemple, 56% des personnes interrogées dans ce sondage affirment qu’elles sont pour la construction de centrales nucléaires de la dernière génération. La base des libéraux-radicaux a compris que le tournant énergétique soutenu par la direction du parti conduit à l’abîme. Conclusion : les membres du PLR, dont les idées en politique énergétique ne sont pas défendues par leur parti, devraient se tourner vers l’UDC.

Les nombreux paysans membres de l’UDC demandent également des mesures de protection du climat. Que leur répondez-vous ?

Que je suis d’accord avec eux. Il faut se protéger contre les effets du changement climatique qui a toujours existé. En revanche, il n’est guère utile aux paysans de renchérir le prix des carburants, d’interdire le chauffage au mazout, de supprimer les centrales à gaz et d’installer des éoliennes qui ne produiront jamais l’énergie dont nous avons besoin pour notre prospérité et notre paix sociale. La France est en effervescence parce que Macron voulait renchérir l’essence, une mesure qui frappe avant tout les petits revenus.

Alors qu’est-ce qui serait utile aux paysans ?

Un approvisionnement énergétique à un prix abordable, fiable et suffisant, voilà ce qui compte. Qui plus est, les milieux qui hurlent à l’état d’urgence climatique devraient commencer par donner le bon exemple et n’acheter que des produits agricoles suisses et non pas des denrées qui ont été transportées sur des milliers de kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes.

Le niveau de la nappe phréatique a baissé à de nombreux endroits de Suisse.  N’est-ce pas un problème pour vous ?

C’est un problème – mais nous ne le résoudrons pas en suivant les propositions moyenâgeuses des verts et en supprimant l’économie de marché. Nous devons nous adapter, veiller à une meilleure mise en réseau des ressources en eau (les Romains l’ont fait avant nous). Si on s’inquiète du manque d’eau, il faut logiquement aussi freiner l’immi­gration. Durant les douze années écoulés, environ un million de personnes supplémentaires sont venues s’installer en Suisse. Cette explosion démo­graphique provoque forcément une énorme augmentation de la consommation d’eau, mais jamais les verts n’ont fait une proposition pour freiner l’immigration. Un exemple de plus illustrant le manque de sérieux de cette politique.

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Refusez-vous le droit aux jeunes de s’inquiéter de l’environnement et de descendre dans la rue pour manifester ?

Non, je crois qu’un bon nombre d’entre eux croient effectivement défendre une bonne cause.
En revanche, je critique les enseignants qui poussent les jeunes à manifester et qui les excitent. Il faut discuter du climat dans les écoles, mais dans le cadre d’un dialogue avec arguments et contre-arguments.

Ne tenez-vous pas à de l’air et de l’eau propres et à des paysages intacts ?

Bien sûr que si. Même en l’absence d’une dictature climatique nous avons en Suisse de l’air propre et un environnement intact. Et rassurez-vous : je ne conduis une voiture que depuis l’âge de 44 ans. Sur pression de ma femme, j’ai passé alors mon permis de conduire. Mon bilan écologique est certainement meilleur que celui de Balthasar Glättli.

Que doit faire la Suisse pour sauvegarder son environnement ? Jusqu’où l’Etat peut-il intervenir, par exemple en augmentant les impôts sur l’essence et l’huile de chauffage ?

Je suis contre de nouveaux impôts et de nouvelles redevances. Cette hystérie climatique est avant tout une gigantesque machine à faire de l’argent. On fait peur aux gens pour les priver de leur liberté et leur soutirer de l’argent. Cela rappelle le trafic des indulgences pratiqué au moyen-âge. Les gens payaient parce qu’on leur disait qu’ils n’iraient pas au paradis s’ils ne versaient pas leur obole. On assiste aujourd’hui exactement à la même folie concernant le climat. Des milieux politiques abusent du climat pour renforcer leur pouvoir et faire de l’argent. Malheureusement, l’UDC est le seul parti à s’opposer à cette tromperie.

Vous avez des enfants. Quelle est la Suisse que vous souhaitez pour eux ?

Une Suisse indépendante basée sur les piliers qui font sa force : la démocratie directe, le fédéralisme et la neutralité armée. Une Suisse raisonnable qui conserve le sens de la mesure. Il faut savoir garder la tête froide, en politique environnementale encore plus que dans d’autres domaines.

Roger Köppel UDC conseiller national (ZH)

Édition spéciale de juin 2019: La raison doit remplacer l’idéologie

 

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