Ce naufrage de Paris qu’a orchestré Anne Hidalgo

Entre des quartiers devenus inaccessibles financièrement et d’autres transformés en ghettos, la politique du logement d’Anne Hidalgo a exclu les classes moyennes de la capitale.

En dix-huit ans d’emprise socialiste, Paris a échappé aux Parisiens. En seulement deux mandats, Anne Hidalgo a exclu les classes moyennes de nos quartiers, faisant de la capitale la ville des plus aisés et des plus aidés.

Nous y sommes, Paris est officiellement la troisième ville la plus chère du monde en termes de loyer et vient de franchir le seuil symbolique des 10.000€ du prix moyen au mètre carré au premier trimestre 2019. En quelques années, le bilan d’Anne Hidalgo s’est particulièrement dégradé: Paris se vide de ses habitants en faveur du tourisme. Ils sont 12.000 chaque année à déserter la capitale, alors que l’équipe d’Anne Hidalgo ne met pas les moyens nécessaires pour freiner le développement des plateformes de location touristique. Tout cela au détriment de la classe moyenne qui pourtant concourt à la prospérité et au rayonnement de la capitale.

La politique du logement parisienne tient en deux mots: le tout social. La Ville de Paris organise méticuleusement la pénurie du logement avec toujours plus de préemptions coûteuses et d’achats de logements occupés.

En 2017, ces mouvements financiers ont provoqué une dépense de 174 millions d’euros! Les conventionnements des logements du parc libre de la Ville en logements sociaux SRU (Loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain) continuent aussi leur course effrénée dans les arrondissements de l’Est parisien, alors que certains comme les XIXème et XIIIème arrondissements atteignent respectivement 41,6% et 39,4% des logements sociaux en 2018.

La gauche municipale abuse du droit de préemption urbain renforcé –vieille recette communiste d’après-guerre– pour imposer “la mixité sociale à l’échelle de la cage d’escalier” et exiger une gestion de logement social au sein de copropriétés privées. Or, la mixité sociale doit aller dans les deux sens.

C’est pourquoi la Région Île-de-France dirigée par Valérie Pécresse a fait un choix clair: elle ne finance plus de création de logements “très sociaux” dans les communes qui comptent déjà plus de 30% de HLM. La Ville de Paris devrait s’en inspirer à l’échelle de ses quartiers! Cette mesure est doublement vertueuse: elle favorise l’accès à la propriété et la fluidité du parc social locatif. Le logement social doit être vu comme un tremplin et non comme une finalité.

A l’inverse, la mairie de Paris utilise le levier du logement social pour remodeler à son avantage électoral la sociologie de la capitale. Le constat de ces manigances est sans appel: certains quartiers se ghettoïsent par manque de réelle mixité sociale. L’une des premières conséquences visibles s’observe au sein de certaines écoles et collèges publics où la présence de toutes les catégories sociales n’est plus assurée. La Ville de Paris joue alors sur la sectorisation des établissements en inversant à son gré les rues et en utilisant ainsi les élèves comme variable d’ajustement pour contrebalancer 18 ans d’échec de politique du logement. Et l’avenir dans l’Est parisien est loin d’être prometteur!

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La dernière réserve foncière de la capitale située à Bercy Charenton dans le 12ème arrondissement sera le réceptacle d’un projet à rebours de l’histoire, un vrai retour en arrière à l’urbanisme des années 60/70. Se dresseront six tours de 85 à 180 mètres de hauteur dont certaines seront destinées à des logements sociaux dans un quartier déjà largement pourvu. Alors que les maires des villes danoises détruisent leurs tours pour reconstruire des logements à taille humaine, la Ville Lumière s’obstine à entasser les habitants les uns sur les autres dans un environnement enclavé par des voies ferrées et déjà très dense. L’exemple de Meaux, ses tours de Beauval, et sa rénovation urbaine et humaine mérite également d’être souligné.

Chaque parcelle au sol disponible, tant bien limitée soit-elle, est méticuleusement scrutée et réquisitionnée par la majorité municipale pour y construire des logements à l’instar des projets en cours comme Meuniers Charenton et Netter-Debergue ou de ceux qui ont été abandonnés grâce à la mobilisation des Parisiens comme la place Mazas, le stade Léo Lagrange ou la TEP Menilmontant.

Et pour faire oublier sa course effrénée à la densification de l’Est de Paris et donner l’illusion d’une ville verte, Madame Hidalgo lance à grand coup de communication des images de synthèses de “forêts urbaines”. La Ville favorise de la verdure à tous les étages dans les projets architecturaux qu’elle soutient, mais réduit systématiquement les espaces de pleine terre ainsi que l’atteste le projet Chapelle-Charbon qui réserve 3,5% de l’aménagement aux espaces verts.

C’est un doux euphémisme que de dire que l’Est de la capitale n’est pas en reste concernant la saleté des rues, la prolifération des rats atteignant le ratio de trois rongeurs par habitant, les deals de crack, les incivilités grandissantes et la pollution…

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“Fatalité bis repetita”, même l’augmentation des particules fines engendrée par la fermeture brutale et non concertée des voies sur berges est venue s’abattre sur ces quartiers plus qu’ailleurs avec une hausse des taux de dioxyde d’azote de 15% sur les quais de Bercy.

Une refonte de la politique du logement est urgente et nécessaire. Elle doit être axée sur le logement intermédiaire et l’accession sociale à la propriété, sur un urbanisme à taille humaine sur les friches ferroviaires ou le périphérique. Cette politique nouvelle repose aussi sur l’armement de la police municipale ainsi que sur le déploiement des caméras à des fins de vidéo-protection et pas seulement de vidéo-verbalisation! L’urgence réside dans l’élaboration d’une nouvelle vision de l’aménagement des espaces urbains au service de la qualité de vie de ses habitants, à travers une politique de logement équilibrée qui fasse une vraie place à l’environnement sous toutes ses formes.

A la Région Île-de-France, nous croyons que l’Est de Paris mérite une attention particulière pour améliorer l’attractivité et la qualité de vie de ces territoires. Dans la perspective de préparer l’avenir, la Région va faire du Lycée Paul Valéry, en partenariat avec le ministère de l’Education Nationale, le premier campus lycéen de l’Intelligence Artificielle (IA) de France. Nous avons révisé le projet initial de rénovation de la cité scolaire Paul Valéry, afin qu’il offre un juste équilibre entre équipements innovants et espaces verts, qui sont autant d’espaces de respiration pour nos jeunes et les habitants.

Habitante et élue du 12eme arrondissement, je suis attachée à la diversité et au dynamisme de nos quartiers populaires. Aujourd’hui, leur équilibre est en passe d’être rompu et il devient urgent de sauver l’Est de Paris du naufrage orchestré par l’équipe d’Anne Hidalgo.

Source Huffpost

 

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