Burkini et topless : comment ils dessinent les clivages communautaires en France

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L’archipélisation de la société française est en marche, et c’est sur la question clivage de voilement ou de dévoilement du corps de la femme que se dessinent les tendances qui séparent les différents groupes la constituant. En sous-texte, la question de l’islam et de son intégration aux mœurs préexistantes.

Ou plutôt devrions-nous dire « burqini », comme le soulignait dernièrement Zineb El Razoui, insistant sur le fait que la tenue tient davantage de la burqa que du bikini… C’est, dans leur écrasante majorité, l’idée que s’en font les Français. Une enquête de l’IFOP à propos de l’exposition du corps des femmes sur les plages et dans les lieux publics en été vient d’être publiée.

Outre la pratique du topless et celle du naturisme, les questions de l’étude portent aussi sur « la gêne à l’égard des formes de voilement et de dévoilement des corps dans les espaces publics ». Cette partie de l’étude prend pour base l’ensemble des Français (échantillon de 2026 individus, de 18 ans et plus).

Ceux-ci sont 68 % à être gênés de voir une femme porter un maillot de bain couvrant la totalité du corps, une partie de ses membres et de sa tête sur une plage. Autrement dit, une bonne majorité à désapprouver le port du burkini. Ce chiffre atteint même 75 % dans les piscines et s’élève à 79% dans la rue (il s’agit alors du niqab et de la burqa). Les réponses des hommes et des femmes ne divergent pas, excepté pour le port du burkini dans les piscines. Les femmes (79%) y sont plus rétives que les hommes (72%). Est-ce par ce qu’elles y sont davantage confrontées dans les vestiaires ?

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Qui sont ces Français gênés par le burkini ? A 80%, des blancs (ils sont 14% noirs, arabes ou maghrébins, et 58% autres « racisés »). Ils sont 71% d’athées, 82% de catholiques, et seulement 18 % de musulmans. A noter que 77% des blancs souhaitent une loi qui interdise le burkini dans les piscines.

A l’inverse, on a posé la question de la gêne perçue devant le topless. Par groupes ethniques, d’abord. Les blancs sont 15% à être gênés par le topless, quand 64% des arabes, maghrébins et noirs le sont. Par religion, les résultats sont sans équivoques. Les musulmans sont 60% à être gênés par le topless (les catholiques sont 21% et les athées, 19%) et, même, 54% à vouloir d’une loi interdisant le topless.

Des clivages sont donc bien présents et fortement définis par l’ethnicité ou l’identité religieuse du groupe, ce qui ne fait que confirmer la communautarisation de la société française, son « archipélisation ». L’écueil de cette étude, involontaire sans doute, est toutefois de mettre sur le même plan deux réalités de nature tout à fait différent.

Le fait religieux d’un côté, une variation de mœurs de l’autre. Ou, à mieux y regarder, le moyen invasif dont une religion prosélyte se sert pour étendre son influence dans l’espace public, en face du topless, pratique née de la révolution sexuelle, qui n’est plus vraiment transgressive.

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