Mort de Jeffrey Epstein : Conspiration or no conspiration, that is the question

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Il était l’ami de Clinton, Trump l’avait jeté dehors : le pédophile Epstein s’est « suicidé »

Toute la presse parle de Jeffrey Epstein, le milliardaire et ami des puissants de ce monde retrouvé pendu dans sa cellule de New-York.

Epstein, un proche des Clinton (voir mon article sur le sujet), avait été arrêté le mois dernier sur des soupçons de proxénétisme sur mineures, agressions sexuelles et trafic sexuel de mineures. Il attendait son procès dans une cellule de New-York. Il y a une quinzaine d’années, Donald Trump l’avait fait expulser de Mar-a-Lago, après que la responsable du spa ait expliqué à Trump qu’Epstein avait un comportement « douteux », border line.

Jeffrey Epstein a donc été retrouvé pendu dans sa cellule dans la nuit de vendredi à samedi 10 août.

Ce suicide est très étrange, et il fait planer des soupçons de complot, car il représentait un risque élevé de suicide – il a fait une tentative de suicide il y a moins de 15 jours – et il aurait dû être sous surveillance anti-suicide 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Et il ne l’était pas, selon les informations publiées par le New York Times.

Il en faut moins aux amateurs de complots et de conspirations pour se mettre en marche. Des deux côtés du spectre politique. Car Epstein était une figure hautement politique : il avait des amis très haut placés en politique. Des documents venaient d’être publiés qui pouvaient potentiellement impliquer Bill Clinton, qui a fait de nombreux voyages non expliqués sur le Lolita Express, le jet privé du financier proxénète ainsi surnommé pour les orgies avec mineures qu’il y organisait. Sa disparition, c’est à dire son silence éternel, pouvait en arranger plus d’un.

Conspiration or no conspiration, that is the question

Des vraies conspirations, il s’en produit régulièrement – souvenez-vous par exemple de l’assassinat du glauque « journaliste » et frère musulman Kashoggi dans l’ambassade saoudienne en Turquie. Mais tout n’est pas complot.

La question que se sont posés les experts est de séparer le bon vin de l’ivraie si j’ose dire. Quand avons-nous à faire à une vraie conspiration, et quand s’agit-il d’une bande de lunatiques dérangés du ciboulot qui voient des conspirations partout ?

La réponse se trouve dans les faits eux-mêmes : lorsque rien ne permet de douter de la réalité des faits présentés. Rien ne permet de dire qu’Elvis Presley est toujours en vie, que les Américains ont tourné en studio le voyage sur la Lune, ou que 9/11 a été organisé par la CIA. Cela n’arrête pas les conspirationnistes qui, l’expliquait Pierre-André Taguieff, sont à la recherche d’un certain ordre dans le monde pour calmer leurs peurs.

Dans le cas d’Epstein, il y a de quoi se poser des questions. Tellement de questions que le ministre américain de la Justice Bill Barr a immédiatement déclenché une enquête, et s’est dit « consterné » qu’une telle chose ait pu se produire.

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Une mort politique

Comment la personne qui, à l’heure actuelle, était sans doute l’accusé le plus éminent du pays en attente de jugement, qui avait déjà tenté de se suicider quelques semaines auparavant, a-t-elle pu se suicider dans un centre de détention fédéral ?

Plus profondément, l’affaire Epstein a de nombreuses ramifications politiques.

Et de nombreuses personnes influentes, des journalistes des deux bords politiques, sont incapables de prendre du recul et attendre les résultats de l’enquête. En fait, ils pensent qu’il est tout simplement naïf de le faire. En fait, je peux déjà prédire que si les résultats de l’enquête ne leur conviennent pas, ils la rejetteront, et la présenterons comme preuve supplémentaire d’une conspiration plus large. En fait, beaucoup, y compris parmi ceux qui liront ces lignes, ont déjà décidé de conclure quoi qu’on apprenne par la suite : ils « savent » et n’en démordront pas.

Tout le monde s’y met

La réaction furieuse des principaux responsables politiques, ainsi que la rumeur grandissante des médias sociaux, montre que ce ne sont pas seulement les habitués et professionnels des théories de la conspiration ni les ragots de bar du coin – dès que la nouvelle de sa mort a été annoncée – qui a montré à quel point cette réaction est omniprésente.

New York Times : « Si nous vivions dans un univers fantastique paranoïaque, dit Paul Krugman, chroniqueur au New York Times, sur Twitter, je me méfierais beaucoup du suicide d’Epstein, même si c’était vraiment un suicide. Et vous savez quoi ? L’affaire Epstein montre qu’on vit dans un univers fantastique paranoïaque. »

Un type qui avait des informations qui auraient détruit la vie d’hommes riches et puissants finit mort dans sa cellule de prison. Comme c’est prévisible et russe », a tweeté l’animateur très à gauche de MSNBC Joe Scarborough.

Quelque chose pue au plus haut des cieux », a dit l’ancienne sénatrice Démocrate Claire McCaskill. Comment un suicidaire peut-il se pendre sans aucune intervention ? C’est impossible. A moins que…. »

C’est vrai, Epstein avait été sous surveillance après une tentative de suicide le 23 juillet, mais il ne l’était plus. Pourquoi ? Et pourquoi pas ?

Pourquoi pas est l’une des « questions sérieuses auxquelles il faut répondre », a déclaré William Barr, qui s’est dit consterné d’apprendre la mort d’Epstein dans un établissement pénitentiaire supervisé par son ministère de la Justice.

© Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

“Il nous faut des réponses. Beaucoup de réponses”

“Il nous faut des réponses. Beaucoup de réponses”, a réagi sur Twitter l’influente élue démocrate new-yorkaise du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez.

Démission du ministre du Travail Alexander Acosta

Le journal Miami Herald a relancé l’enquête sur le millionnaire fin 2018: il a révélé qu’en 2008 Alexander Acosta, alors procureur général du District sud de la Floride, avait négocié un “sweetheart plea deal” (en français, un accord judiciaire très favorable) avec Jeffrey Epstein: ce dernier s’était vu infliger une peine minime de seulement 13 mois pour avoir conduit des jeunes filles à se prostituer dans cet Etat américain du sud-est. Le nom du milliardaire avait aussi été inscrit au fichier des délinquants sexuels.

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En juillet, une perquisition dans la maison de Jeffrey Epstein dans le quartier huppé de l’Upper East Side à Manhattan avait permis de mettre au jour une salle de massage où il aurait entraîné ses victimes présumées. Après son inculpation à New York, Alexander Acosta, devenu ministre du Travail de l’administration Trump, avait dû démissionner. Donald Trump veut nommer à sa place Eugene Scalia, fils d’un juge de la Cour Suprême, décédé en 2016.

L’ami de nombreuses personnalités

Des centaines de pages de documents judiciaires rendus publics vendredi avaient permis de confirmer que Jeffrey Epstein avait longtemps été une figure incontournable des soirées mondaines new-yorkaises, proche de nombreuses personnalités, considérées comme l’élite, comme l’a expliqué en détail le New York Magazine en juillet.

“Je connais Jeff depuis 15 ans. Un type génial”, disait ainsi Donald Trump, alors lui-même membre éminent de la jet set, dans un entretien en 2002. “On dit même qu’il aime les jolies femmes autant que moi, et beaucoup sont plutôt jeunes”. Des images ont refait surface où l’on voit les deux hommes d’affaires à une soirée en 1992 à Palm Beach.

Le prince Andrew, fils de la reine Elisabeth, faisait partie des amis de Jeffrey Epstein: ses coordonnées ont été retrouvées dans le “Little Black Book” (en français, le “petit livre noir”) du financier, publié en 2015 déjà par le site Gawker. Il aurait aussi eu des relations sexuelles avec la jeune Virginia Giuffre Roberts, celle qui se décrit comme l’une des “esclaves sexuelles” mineures de Jeffrey Epstein.

L’ancien président a souvent volé avec le millionnaire dans son jet privé, surnommé le “Lolita Express” – avec lequel il se rendait en Floride ou sur son île privée dans les Iles Vierges.

Ses anciens amis influents avaient affirmé après son inculpation ne pas avoir été au courant de ses délits présumés et avoir coupé tout lien avec lui. […]

Source RTS

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