Réalité : Il y a plus de feux de forêt en Angola et au Congo qu’au Brésil

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Grâce à un effort concerté des « influenceurs » des médias sociaux américains, tout le monde et leur grand-mère sont maintenant conscients du fait que les incendies de forêt – dont beaucoup auraient été déclenchés illégalement par des agriculteurs cherchant à défricher davantage de terres à des fins agricoles ou pastorales – se propagent dans la jungle Amazonienne.

Ce que beaucoup ne réalisent pas, c’est que les feux de forêt dans les « poumons de la Terre » – comme l’a décrit le président français Emmanuel Macron concernant l’Amazonie – ne sont pas si rares en réalité. En fait, ils font naturellement partie du processus d’auto-restauration de la forêt tropicale. Au total, cette année, les incendies ont augmenté de 83 % par rapport à l’an dernier.

Et alors que le reste du monde se sert des incendies comme excuse pour critiquer le président brésilien Jair Bolsonaro et ses politiques environnementales (certains l’ont accusé de tolérer tacitement les agriculteurs qui ont allumé les incendies), Bloomberg rapporte que le Brésil est en fait troisième au monde pour les incendies de forêt des dernières 48 heures, citant des données du satellite MODIS analysé par Weather Source.

Weather Source a enregistré 6 902 incendies en Angola au cours des 48 dernières heures, 3 395 en République démocratique du Congo et 2 127 au Brésil.

Comme en Amazonie et en Californie, les feux de forêt ne sont pas si rares en Afrique centrale.

Quant au nombre total d’incendies de forêt actifs, il est loin d’atteindre certains des sommets enregistrés ces dernières années. Selon la NASA, plus de 67 000 incendies ont été signalés en une semaine en juin de l’année dernière, dont la plupart ont été déclarés par des agriculteurs.

Au cours des deux derniers jours, environ 16 500 feux de forêt ont été enregistrés dans les 10 premiers pays.

En fait, en ce qui concerne les feux de forêt, 2019 est une année qui ne sort pas de l’ordinaire dans un sens significatif.

Lire aussi:  Pour lutter contre les incendies en Amazonie, Bolsonaro envoie l'armée

Mais nous sommes sûrs que l’ensemble des influenceurs d’Instagram clarifiera bientôt tout cela dans une série d’articles sponsorisés mettant en contexte les feux de forêt en Amazonie …non ?

Source: Zero Hedge, le 23 août 2019 – Traduction par Nouvelordremondial.cc

Pourquoi personne ne parle des incendies titanesques en Afrique subsaharienne

En Angola, au Congo, en République Démocratique Du Congo, en Tanzanie ou encore en Zambie, des milliers d’incendies consument des quantités phénoménales de végétation. Un phénomène qui n’est pas abordé alors que d’autres incendies, très documentés et tout aussi important, ravagent en ce moment l’Amazonie.

Alors que de nombreux médias alertent ces derniers jours sur l’ampleur des incendies qui dévorent la forêt amazonienne au Brésil, de nombreux internautes ont remarqué en analysant les images des systèmes satellitaires de surveillance des feux de forêt dans le monde que les foyers sont également très nombreux en Afrique subsaharienne.

Pourtant ces incendies sont loin de faire la une et sont peu abordés par les médias généralistes.

L’étude des cartes produites à l’aide des outils de Copernicus, ce service européen d’étude de l’environnement, indique pourtant que cette région concentre actuellement la majorité des combustions de biomasse (le fait de brûler des matières organiques) dans le monde.

Ci-dessus : Les dégagements d’aérosols atmosphériques liés à la combustion de biomasse dans le monde, ce 22 août. Crédit CAMS

Quotidiennement l’Atmosphere Monitoring service de Copernicus livre des données sur les combustions de biomasse dans le monde. Chaque été, à la même période, la zone subsaharienne semble s’enflammer.

Les dégagements d’aérosols atmosphériques liés à la combustion de biomasse en Afrique, ce 22 août. Crédit CAMS

Alors que se passe-t-il exactement ? Dès début août, le service de surveillance et évaluation de la qualité de l’air de la Réunion livre un rapport sur «  l’influence de feux de biomasse en Afrique ».

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Dans cette publication, Atmo Réunion indique que:

« Ces masses d’air sont chargées de polluants gazeux (notamment le monoxyde de carbone et l’ozone) issus des feux de végétation ». L’organisme public conclut laconiquement que «  les travaux menés par le Laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones (LACy) ont montré que durant l’hiver austral ( 21 juin au 22 septembre), la couche limite et la troposphère au-dessus de La Réunion sont impactées par des polluants primaires et secondaires issus du brûlage de la biomasse qui ont lieu annuellement en Afrique et à Madagascar ».

Mais il reste silencieux sur les causes de ces « brûlages ». De rapides recherches dans la presse angolaise de ces derniers jours ne permettent pas de comprendre l’origine de ces feux. Ceux-ci ne sont même pas abordés. Selon les publications des analystes de la Nasa, il semble que ces feux soient d’origine « essentiellement agricole ».

L’agence américaine assure que les agriculteurs subsahariens utilisent le feu pour défricher leurs terres, régénérer les pâturages et brûler les débris des terres cultivées pour préparer la saison suivante. Cette technique, surnommée « slash and burn » (l’agriculture sur brûlis) a l’avantage de ne presque rien coûter aux populations. Elle génère par contre de formidables nuages de fumée.

Selon la dernière note sur le sujet de la Nasa, les incendies en Afrique subsaharienne représentent environ 70 % de la superficie brûlée dans le monde.


Source : La Voix du Nord

 

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