La traque des pédophiles sur Internet est au point mort, dénonce un rapport

Selon le SonntagsBlick, qui se base sur un rapport confidentiel de l’Office fédéral de la police (fedpol), de graves lacunes entachent, en Suisse, les enquêtes contre la pédocriminalité dans l’espace virtuel, entre autres par manque de moyens.

Divers corps de police ont dû “retarder toutes les enquêtes sur la pédophilie sur Internet pendant des années en raison d’autres priorités”, indique notamment le document. Des recherches actives et indépendantes n’ont quasiment plus lieu depuis des années au niveau fédéral ou cantonal, poursuit le rapport. Seuls 15% des postes au sein de la police sont impliqués dans la lutte contre la cyberpédophilie en Suisse.

Le fédéralisme suisse est également pointé du doigt et contribuerait au fait que les enquêtes ne sont même pas ouvertes. Les cantons rechignent en effet souvent à utiliser leurs ressources pour identifier un suspect non localisé et qui, après enquête, n’opérerait finalement pas dans la zone de responsabilité du canton.

Forte hausse des cas

Selon des estimations récentes, 750’000 personnes seraient à la recherche de pédopornographie sur Internet chaque seconde dans le monde. En Suisse, le nombre de cas signalés aux autorités par les Etats-Unis aurait aussi bondi de 480 en 2014 à 9000 en 2018. De plus, les cyberpédophiles affûtent leurs armes. Ils utilisent de plus en plus des plateformes d’échange sur le dark web et ont appris à rester anonymes.

Les rares cas dans lesquels les policiers ont mené des enquêtes poussés en la matière démontrent pourtant leur efficacité. Le rapport de Fedpol décrit notamment une affaire survenue en 2017, au cours de laquelle des enquêteurs fédéraux se sont connectés à des chats en se faisant passer pour une jeune fille de 13 ans prénommée Nina.

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Il n’avait fallu que 10 minutes pour que quinze homme adultes entrent en contact avec les enquêteurs et orientent la discussion vers un contenu sexuel. Dans plus de la moitié des cas, ils ont ensuite cherché une rencontre. La perquisition du domicile de l’un d’eux a montré qu’il avait installé une caméra à côté de son lit. Un autre candidat à la rencontre s’est déplacé avec un produit sédatif.

Vincent Cherpillod avec ats

Source : RTS

 

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