Je n’ai plus confiance dans la justice de mon pays

C’est bien parce que je suis avocat depuis plus de trois décennies, que je ne suis, hélas, pas le plus mal placé pour le clamer : je n’ai plus confiance dans la justice de ce pays.

Je ne prétends pas l’avoir un jour trouvée parfaite puisqu’elle est humaine. Les juges ne sont pas tous omniscients ni tous intelligents, bienveillants et compétents. J’en ai connu des formidables, des méchants, des gentils et des abrutis. Mais j’affirme qu’aujourd’hui, l’ennemi, c’est l’idéologie.

Pas forcément une idéologie construite et encartée, mais plus réflexe que réfléchie, appartenant à l’air du temps. J’ai combattu celle du Mur des Cons, d’un syndicat d’idéologues qui préféraient punaiser sur leur mur les parents d’enfants martyrs que de punir leurs assassins.

Les dernières décisions de justice illustrent assez bien ce mal que je dénonce. Deux exemples suffiront. Dans le sud, à Gap, un tribunal correctionnel a condamné à six mois de prison fermes de jeunes identitaires non-violents, pour avoir voulu médiatiquement dénoncer l’impuissance d’État à juguler l’immigration massive et illégale. Dans le même temps, les militants qui aident les illégaux à franchir nos frontières étaient relaxés ou condamnés à des peines symboliques.

Dans le nord, à Arras, au début de ce mois, sept jeunes militants de gauche s’en prennent violemment au commissariat de police pour tenter de faire libérer un de leur camarade, interpellé pour avoir jeté des projectiles sur la police. Ils tentent de s’introduire illégalement dans le commissariat.

Ils écopent d’un rappel à la loi…

Patrick Balkany, non récidiviste, est condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale en attendant une autre condamnation plus sévère pour blanchiment. Surtout, alors qu’il s’agit d’une condamnation de première instance, non définitive en raison de son appel, le tribunal ordonne son incarcération malgré le fait qu’aucun risque de fuite n’est seulement allégué.

Je rappellerai que non pas un simple député-maire sarkozyste , mais un ministre socialiste des finances nommé Cahuzac- celui qui prétendait vouloir pourfendre les fraudeurs fiscaux et jurait devant ses pairs qu’il ne possédait aucun compte helvétique- condamné lui aussi à une peine de prison ferme pour fraude fiscale, a lui bénéficié d’un bracelet électronique sans passer par la case prison.

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A la différence de ce dernier, Patrick Balkany, condamné non définitif est encore présumé innocent, tout comme vous, moi… et Richard Ferrand. Sauf que lui est en prison.

Je remarque enfin que le maire de Levallois a été incarcéré parmi les personnes dites « vulnérables » en raison des dangers qu’il encourt en milieu carcéral.

Il est effectivement assez ironique de penser qu’un djihadiste criminel a moins à craindre de ses compagnons d’infortune et d’opprobre.

J’ai comme un goût amer dans ma bouche d’avocat. Comme si, pour certains juges, l’incarcération n’était vraiment souhaitable que pour les grands en cols blancs ou pour les petits blancs qui veulent défendre les cols.

Non vraiment, je n’ai plus confiance dans la justice de mon pays.

© Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

 

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