Le tueur de la Préfecture a pu avoir accès à la liste des policiers infiltrés dans les mosquées, révèle le « Canard »

« Il avait accès à tout, aux ordinateurs, aux codes d’accès, aux messageries », s’alarment, au sujet du tueur de la préfecture de police de Paris, Mickaël Harpon, plusieurs flics auprès du Canard enchaîné à paraître ce mercredi 9 octobre.

L’information est on ne peut plus inquiétante. Selon le Canard enchaîné de cette semaine, imprimé ce mardi 8 octobre, Mickaël Harpon, le tueur de la préfecture de police de Paris, a pu avoir accès à la liste des policiers infiltrés dans les mosquées.

C’est une source anonyme exerçant en haut lieu qui l’affirme :

« Du fait de ses fonctions, Harpon avait accès aux fichiers protégés, notamment à celui où figure l’identité des taupes. Il nous faut savoir s’il les a partagés »…

« On risque de pleurer bientôt d’autres morts »

Un commandant, vieux routier du Renseignement, se montre particulièrement inquiet auprès de nos confrères :

« S’il a pu accéder à la liste de nos sources infiltrées dans les mosquées salaf, on risque de pleurer bientôt d’autres morts ».

Selon Le Parisien, l’informaticien de la direction du renseignement de la préfecture de police avait stocké sur une clé USB les coordonnées et données personnelles de plusieurs dizaines de ses collègues. « Il avait accès à tout, aux ordinateurs, aux codes d’accès, aux messageries », s’alarment plusieurs flics auprès du Canard.

Selon l’hebdomadaire, la police judiciaire a aussi retrouvé, dans le répertoire téléphonique du fonctionnaire, deux autres fichés S originaires, comme lui, des Antilles.

Marianne

Sur une clé USB, le tueur avait les adresses de ses collègues et des vidéos de propagande

Selon nos informations, parmi les éléments découverts dans son bureau – et non à son domicile, comme indiqué par erreur dans un premier temps – figure notamment une clé USB, contenant des fichiers informatiques avec de nombreuses vidéos de propagande de Daech.

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Plus inquiétant, Mickaël Harpon avait stocké sur le même périphérique USB des coordonnées et des données personnelles correspondant à plusieurs dizaines de ses collègues de la préfecture de police.

Sans que l’on sache, pour l’instant, s’il les a extraites lui-même, ou s’il en disposait dans le cadre de ses fonctions habituelles. Les enquêteurs cherchent surtout à savoir s’il avait l’intention de les communiquer à des tiers, ou de s’en servir à d’autres fins.

«L’un des plus hauts niveaux d’habilitation»
« Rétrospectivement, ça fait tout de même froid dans le dos, souligne l’un de ses anciens collègues, résumant le sentiment général. On savait qu’il disposait de l’un des plus hauts niveaux d’habilitation de la préfecture. Ça veut dire qu’il était en capacité de savoir tout ou presque des agents qu’il côtoyait au quotidien. »

Au-delà, Mickaël Harpon était en contact très étroit avec un prédicateur musulman, connu des services de renseignement pour être salafiste, dont les autorités considèrent qu’il prônait une pratique très rigoriste de sa religion. Des contacts qui remontent à quelques mois.

« Pour autant, rien ne dit que ça a précipité son passage à l’acte, prévient une source proche du dossier. Ni que cette personne était elles-mêmes dans une démarche visant à concrétiser une action violente. »

Le Parisien

Photo couverture : Jair Cabrera Torres / DPA / dpa Picture-Alliance/AFP

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