A Rome, Matteo Salvini réussit à rassembler toutes les droites derrière sa bannière

« Nous reviendrons bientôt au gouvernement, et nous rentrerons par la grande porte », a assuré le chef de file de l’extrême droite devant plusieurs dizaines de milliers de personnes.

La clameur a résonné sur la façade en marbre de Saint-Jean-de-Latran quand il est monté sur la scène, devant une marée de drapeaux et d’écrans géants. Devant l’imposante basilique du cœur de Rome, le dirigeant de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini a rassemblé ses troupes, samedi 19 octobre dans l’après-midi, et plus largement l’opposition de droite au gouvernement de Giuseppe Conte.

Un mois et demi après la formation de l’alliance entre le Parti démocrate (PD, centre gauche) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste, antisystème), celui qui est devenu le chef de l’opposition après la crise politique estivale avait fait de ce grand rendez-vous la première manifestation nationale pour promettre de « renvoyer à la maison » ses anciens alliés au pouvoir tout comme la gauche.

Avec plusieurs dizaines de milliers d’Italiens qui ont convergé de toutes les régions de la péninsule – les organisateurs ont annoncé 200 000 personnes –, le pari est réussi pour M. Salvini. Ce meeting organisé sous un beau soleil d’octobre est d’abord le résultat de la puissance d’organisation de la Ligue, qui avait mobilisé plus de 400 cars et une dizaine de trains vers la capitale.

Dans la foule, plusieurs générations mêlant les nostalgiques du berlusconisme aux jeunes loups de la Ligue, casquette du « capitaine » (le surnom de Matteo Salvini) vissée sur la tête, jusqu’aux militants de l’ultradroite radicale de CasaPound.

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Silvio Berlusconi présent

Convoquée autour du slogan « La fierté italienne », cette manifestation populaire avait pour ambition de reformer la coalition de droite rassemblant la Ligue, le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi et Fratelli d’Italia, la formation postfasciste de Giorgia Meloni.

Avec 37 % des voix, elle avait triomphé aux élections législatives de mars 2018, devant le M5S. « Aujourd’hui c’est la droite qui est plus forte dans ce pays et ce n’est pas elle qui est aux manettes, cherchez l’erreur », souffle Enrico, un ingénieur informaticien.

Agitant un drapeau tricolore marqué du logo de Fratelli d’Italia, il a fait le voyage depuis la Calabre avec sa fiancée.

Avant de monter sur scène, Matteo Salvini a envoyé ses lieutenants répéter les rengaines du parti d’extrême droite. « Le Parlement ne représente plus le peuple ! », a lancé le sénateur léguiste Alberto Bagnai, déclenchant des appels aux élections dans la foule.

Elus locaux, maires et gouverneurs de la Ligue ou de Forza Italia se sont succédé avant que les chefs politiques ne passent derrière le micro.

[…]

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