Nigeria : 259 personnes libérées d’un centre de redressement islamique, des actes de torture et des viols évoqués

Des femmes et des hommes, souvent emmenés là par leurs familles pour y être remis « dans le droit chemin », subissaient des maltraitances.

La police nigériane a libéré 259 personnes d’une maison de correction islamique dans le sud-ouest du Nigeria, dans le cadre d’une série de raids similaires menés à travers le pays ces dernières semaines

« Nous avons découvert lundi des hommes, des femmes et des enfants qui étaient retenus en otages dans un centre de détention illégal géré par une mosquée du quartier Ojoo, à Ibadan », a déclaré Fadeyi Olugbenga, le porte-parole de la police de l’Etat d’Oyo. Selon le commissaire Shina Olukolu, ils ont subi des traitements inhumains.

C’est un garçon de 18 ans, échappé du centre, qui a indiqué l’adresse de ce centre « informel ». « 259 personnes y étaient enfermées et imploraient de l’aide quand nous sommes arrivés », a ajouté le porte-parole, précisant que des enfants, des adolescents, des adultes et une femme avec un bébé se trouvaient parmi les victimes.

« Certains étaient là depuis des années et avaient des problèmes de santé, ils reçoivent actuellement des soins médicaux », a affirmé Fadeyi Olugbenga. « Ceux que nous avons interrogés ont raconté qu’ils étaient nourris une fois tous les trois jours, parfois même moins ».

Le propriétaire de la mosquée et du centre, ainsi que huit autres personnes, ont été arrêtés, mais l’enquête est toujours en cours.

Des actes de torture et des viols

Bashir Olanrewaju a raconté à la presse locale avoir été amené au centre par ses parents le 14 juillet 2015, parce qu’il fumait du chanvre indien. Selon lui, des détenus décédés, peut-être de torture, ont été inhumés dans un lieu inconnu sans que leurs familles soient informées.

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Mutiu Amuda, une autre victime, a assuré que le propriétaire du centre entretenait des relations sexuelles avec certaines des jeunes femmes détenues et que celles qui tombaient enceintes avaient dû interrompre leur grossesse.

Le taux élevé de consommation de drogues et le manque d’installations de réadaptation poussent de nombreux parents à inscrire leurs enfants dans ces écoles en dépit de méthodes maltraitantes. Les centres de redressement privés – souvent informels – à caractère religieux sont très répandus dans le pays le plus peuplé d’Afrique, où la pauvreté est très élevée et où les services publics sont souvent absents.

Source: Le Parisien

 

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