Oise (FR) : l’intrusion de « racailles » contraint les professeurs à protéger leurs élèves. « Ils voulaient mettre le feu » (Vidéos)

Temps de lecture : 3 minutes
« Ils voulaient mettre le feu. On a réussi à les arrêter, mais je ne refais plus ça, je ne me mets plus en danger. »

 

L’intrusion d’un groupe d’individus violents a contraint les professeurs à protéger eux-mêmes leurs élèves. Certains de ces enseignants mettent en cause le manque d’investissement de leur direction.

Une soixantaine d’enseignants et de membres du personnel éducatif du lycée André-Malraux, à Montataire, dans l’Oise, sont réunis en assemblée générale, lundi 2 décembre, dans une grande salle bordée de rideaux rouges.

Les visages sont fermés, les paupières fatiguées et la colère dans les voix peine à dissimuler leur angoisse. Un jeune professeur s’emporte : « Est-ce qu’on est des enseignants ou une garde républicaine, sérieusement ? »

S’ils sont réunis cet après-midi-là dans le lycée déserté par ses élèves, c’est que quatre jours plus tôt, le jeudi 28 novembre, ils ont assisté à l’intrusion d’un groupe de « casseurs » dans l’établissement. « Pendant près de deux heures », ils se sont retrouvés à gérer des scènes d’émeutes, « sans aucune consigne de la direction », dénoncent-ils.

Cette intrusion vient clore une semaine d’escalade de violence aux abords de cet établissement, situé dans un quartier sensible de cette petite commune qui jouxte Creil. Contactée par franceinfo, la police nationale confirme avoir été appelée « tous les jours » cette semaine-là pour assurer la sécurité aux abords du lycée.

Mercredi 20 novembre, c’est une explosion dans les toilettes qui donne l’alerte. De l’acide chlorhydrique, un  « produit très dangereux car il peut causer d’importantes brûlures au contact de la peau », précise la police. Par chance, aucun élève ne se trouve alors à proximité.

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« La motivation des casseurs ? Difficile à dire, je ne crois pas qu’il y en ait. Il s’agit simplement d’affronter la police, de bloquer ou de casser le lycée. C’est un véritable appel à la violence. »

Rapidement, les enseignants comprennent que des appels à la violence sont relayés sur les réseaux sociaux, particulièrement sur l’application Snapchat où des comptes comme @Blocus_60 ou @Blocage_Malraux appellent les jeunes à se réunir devant le lycée pour affronter les forces de l’ordre et pénétrer dans l’établissement.

Aucune consigne ni alerte

« Dès 7h10 [jeudi 28 novembre], des jeunes sont arrivés habillés tout en noir sur le parvis pour en découdre avec la police », rapporte Eric*, enseignant à André-Malraux.

« Au moment de la récréation du matin, les casseurs et certains élèves ont commencé à caillasser et à insulter la police. Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs sommations, puis à des tirs de gaz lacrymogène. »

 

Sur les vidéos filmées par les élèves présents lors du mouvement de foule et largement partagées entre eux, les scènes sont impressionnantes. On y voit des dizaines de jeunes se précipiter dans le lycée pour fuir le gaz lacrymogène.

Au milieu des cris et des bousculades, les casseurs parviennent à franchir le portail du lycée, resté ouvert, et pénètrent dans l’établissement. Méthodiquement, ils se dispersent en groupes dans les étages pour vandaliser et tenter de mettre le feu.

« Il n’y avait aucun contrôle, aucune sécurité à l’entrée », nous confirme un membre du personnel. « C’est à ce moment-là qu’il y a eu des tentatives d’incendie dans le lycée », rapporte un autre.

 

A l’intérieur de l’établissement, le personnel est dépassé. Les professeurs qui ne donnent pas cours tentent de gérer l’affolement dans les couloirs et dans le hall.

« Certains élèves faisaient des malaises à cause des mouvements de foule, de la panique et des lacrymo. Je me rappelle une gamine portée par deux adultes, évanouie, une autre poussée sur un fauteuil roulant », nous raconte Maya*, professeure de longue date à André-Malraux.

« On gérait, comme on pouvait, la panique de tous les élèves, on attendait des directives qui n’arrivaient pas. »

[…]

Source: francetvinfo

Crédits photo: LP/Julien Barbare

 

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Une pensée sur “Oise (FR) : l’intrusion de « racailles » contraint les professeurs à protéger leurs élèves. « Ils voulaient mettre le feu » (Vidéos)

  • 10 décembre 2019 à 13 h 43 min
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    Prémices d’une guerre.

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