Départ pour l’Occident contre de l’argent : vente de faux papiers par des employés de l’ONU

Temps de lecture : 4 minutes
Corruption à l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) : des faux papiers pour l’Occident contre de l’argent !

Le programme de « réinstallation » de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés est destiné à donner un avenir aux personnes particulièrement vulnérables en Occident. Mais la corruption autour du programme est florissante.

En effet, des employés de l’organisation vendent à des candidats migrants  contre espèces sonnantes et trébuchantes les places convoitées, comme le montre l’enquête du magazine Stern en Europe et en Afrique de l’Est.

Programme de « réinstallation » du HCR

Schéma ci-dessus: « De l’Afrique vers le monde occidental »

En Afrique de l’Est, l’Ouganda et le Kenya sont les principales destinations des réfugiés.

Ensemble, ces deux pays  sont chargés  de la protection d’environ 1,8 million de personnes originaires des pays voisins dans  lesquels se sont déroulés des combats.

Chaque année, le programme de réinstallation du HCR réinstalle 3 000 à 5 000 réfugiés de chacun de ces deux pays – principalement vers les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Suède et la Norvège.

En jaune : destinations principales des migrants

En rose : pays dans lesquels le magazine Stern a enquêté

Corruption au HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés)

Les employés de l’organisation d’aide aux réfugiés de l’ONU, le HCR, ont « facilité » la « réinstallation » d’Africains en Occident en échange de paiements en liquide.

Les employés ont notamment délivré de faux papiers à cette fin, avec lesquels les Africains ont pu figurer sur les listes convoitées du programme dit de « réinstallation ».

Dans le cadre de ce programme, plusieurs pays occidentaux, dont l’Allemagne, offrent à des réfugiés particulièrement éligibles au régime protection un avenir sûr dans leur pays.

Ce sont avant tout des personnes qui sont menacées par la maladie et la persécution qui devraient en bénéficier. Cependant, comme il n’y a actuellement que 50 000 à 60 000 « réinstallations » de ce type dans le monde chaque année, les chances d’obtenir l’un de ces lieux sont négligeables.

L’un de ces intermédiaires décrit au magazine Stern comment il organise les affaires entre les Africains qui sont prêts à payer et le personnel local du HCR. En fin de compte, une place sur la liste coûte aux Africains environ 2500 dollars US.

L’employé du HCR se procure de faux certificats médicaux pour l’argent, par exemple. Des médecins sont donc également impliqués dans la fraude.

Le magazine Stern décrit également des cas de réfugiés qui auraient eu droit à une place sur les listes de réinstallation, mais qui sont restés les mains vides – parce que leur identité aurait été vendue à d’autres Africains qui sont partis avec eux.

Le siège du HCR confirme les preuves de corruption en Ouganda et au Kenya

Le siège du HCR à Genève a confirmé sans ambiguïté  qu’il avait lui aussi reçu des indications de corruption en Ouganda et au Kenya.

Lorsque des informations suffisantes étaient disponibles, des enquêtes étaient également menées.

« L’intégrité du programme de réinstallation est une priorité absolue  » (sic), a déclaré une porte-parole du HCR.

Elle a souligné qu’entre-temps, les empreintes digitales, la rétine et les photos des réfugiés étaient également enregistrées – pour rendre la manipulation plus difficile.

Toutefois, la procédure ne s’applique qu’aux réfugiés nouvellement enregistrés. Les personnes qui ont demandé l’asile avant 2018 continueront d’être enregistrées dans la base de données du HCR uniquement avec une photo de passeport et un numéro de dossier.

Le HCR a déjà dû lutter contre la corruption dans le processus de réinstallation par le passé.

En 2001, pour la première fois, neuf personnes, dont un Allemand, ont été poursuivies en justice au Kenya pour avoir accepté des pots-de-vin se montant à des millions de dollars au fil des années.

En 2017, un cas similaire à Kakuma, au Kenya, avait fait les gros titres et, plus récemment, le site Web du journaliste  « The new Humanitarian » a fait état de cas de corruption au Soudan.

Lire aussi:  Les conséquences fatales de la migration pour l’Afrique
Début du reportage de Stern

 

Dans une cour intérieure, il s’assied sur une des chaises en plastique blanc et observe les invités. C’est une froide soirée de novembre, et il n’y a qu’un couple d’amoureux et trois jeunes hommes qui regardent leurs portables.

Transaction

« Quand les rencontres ont lieu ici, je ne veux pas que les mauvaises personnes me voient », dit Edward. Le client est toujours assis à sa gauche. A droite, le vendeur du HCR.

« L’homme du HCR est la personne la plus importante. Il s’assure que tout se passe bien », dit Edward en regardant par-dessus son épaule.

Il semble nerveux. Parce que ce qu’il rapporte pourrait faire des vagues. Pas seulement à Kampala. Mais aussi loin. Aux Etats-Unis ou en Europe.

La raison : l’organisation qu’Edward dit être impliquée dans ses affaires est… le HCR.

Qu’est-ce que la réinstallation ?

Le programme dit de réinstallation concerne la réinstallation de réfugiés particulièrement vulnérables dans des pays du tiers-monde. Il existe depuis les années 1980. En 2018, il y avait 55 676 places dans 27 pays d’accueil. Il est organisé par le HCR, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Le HCR est l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Avec un budget de 7,8 milliards d’euros et 17 000 collaborateurs dans le monde entier, elle apporte son aide partout où règnent la guerre et la misère. L’organisation gère des camps de réfugiés, s’occupe des blessés, offre une protection. Depuis 70 ans. (…)

Resistance Républiquaine

Source: magazine Stern, [la version payante -ici- contient l’enquête in extenso avec les interviews etc… La version ci-dessous est un résumé de presse, lien en allemand ici].

Egalement lien ici [reprise en allemand de la source Stern] ou ici : https://www.n-tv.de/politik/Mitarbeiter-verkauften-wohl-falsche-Papiere-article21497933.html

 

Ceci est mon bloc de texte après le contenu de mon article.

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