« Les journalistes sont trop aveuglés par leur haine de Trump pour simplement regarder les faits »

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Reload!: Comment l’Amérique invente le siècle, est le nouveau livre de Drieu Godefridi qui va faire grincer des dents les anti-américains primaires et les anti-Trump. Il nous a accordé une interview exclusive.

Dreuz : Vous écrivez que les journaux européens ont beaucoup de mal à rapporter seulement les faits à propos de Donald Trump… Le président américain a été traité d’à peu près tous les noms d’oiseaux : inapte, inepte, narcissique, fou, raciste, versatile, incontrôlable… Pourquoi, selon vous, cet ostracisme ?

Drieu Godefridi : La presse occidentale est de gauche dans son écrasante majorité et Trump, comme personne et dans ses idées, incarne tout ce qu’ils détestent. Il ne faut pas chercher plus loin le motif de cette dérive de la presse en marge de la réalité.

Le fait que la presse soit subsidiée, en Europe francophone, est un facteur aggravant mais non déterminant; constatons également, toujours en rang accessoire, l’effondrement des standards déontologiques d’une profession dont la plupart des représentants se figurent désormais que leur modeste opinion personnelle a de l’intérêt et qu’elle est une information. Moi ! moi ! moi !

Si ces journalistes veulent faire de la politique, qu’ils se lancent en politique, qu’ils écrivent des essais. Dans l’intervalle, on leur serait reconnaissant de recommencer à faire leur métier : rendre humblement compte des faits.

On se concentre généralement sur la rhétorique de Trump, son langage un peu trash, ses tweets intempestifs et le turnover inouï au sein de son cabinet. Vous parlez, vous, d’un « chaos fécond ». Quand on lui montre la Lune, l’idiot regarde le doigt ?

Trump se concentre sur l’essentiel; qu’il y ait une forte rotation dans le personnel ne lui pose aucune difficulté, pourvu que les bonnes décisions structurantes soient prises et mises en œuvre. L’écrasante majorité des politiques européens n’ont jamais fait que de la politique; ils ne comprennent pas ce que signifie la gestion d’une organisation qui doit créer de la valeur. C’est la définition de l’entreprise.

En entreprise, vous vous concentrez par nécessité sur l’essentiel et vous travaillez avec les meilleurs, parce que c’est comme cela qu’on crée de la valeur. Le “bruit” sur lequel se concentrent les journalistes et commentateurs comme s’il s’agissait de l’essentiel, n’est en réalité qu’une méthode de gestion dynamique. On peut l’aimer ou pas, mais c’est une méthode.

Faut-il être bête pour croire qu’on construit un patrimoine immobilier sur un marché archi-concurrentiel comme New York, qu’on parvient à défaire 16 candidats Républicains à la présidentielle avec de battre le monstre absolu de la politique américaine — la Machine Clinton — sans méthode. La haine rend aveugle, elle rend fou; mais par dessus tout, bête.

On traite Donald Trump de va-t’en guerre alors qu’il est doctrinalement, isolationniste. Comment expliquez cette erreur d’analyse ? 

Par l’absence d’analyse. La plupart des journalistes sont trop aveuglés par la haine pour ne serait-ce que se pencher sur les faits. Qualifier Trump de belliqueux en politique internationale, vous avez raison de la souligner, est l’une de ces aberrations auxquelles aboutit l’état d’esprit que je décrivais à l’instant.

L’analyse force à distinguer la posture de négociation “trumpienne » — volontiers agressive — et la volonté impérieuse de l’administration Trump de ne pas ouvrir un nouveau front pour l’armée des Etats-Unis. Du reste, c’était une promesse de campagne — ne pas envoyer des dizaines de milliers de boys (and girls) sur un nouveau front, en rapatrier un maximum — et, comme souvent, Trump a fait ce pour quoi il a été élu.

Signalons pour conclure que l’isolationnisme trumpien est très relatif, aussi vrai que l’armée des Etats-Unis — notamment la marine et les forces spéciales — reste présente dans un grand nombre de pays, théâtres et zones.

Donald Trump ne croit pas au multilatéralisme car il considère cette approche comme inefficace. Peut-on dire qu’il mène une politique de rupture par rapport à ses prédécesseurs ? Peut-on le classer dans le camp populiste vs. le camp élitaire ? 

Trump est un pragmatique qui va à l’essentiel. Il constate que la plupart des cénacles internationaux — ONU, UE, GIEC, l’écheveau institutionnel mis en place par l’Accords de Paris, etc. — sont détournés par des minorités idéologiques agissantes qui, par ce truchement, imposent leur vision extrémiste aux démocraties nationales. Cela, c’est un fait; inutile d’en appeler aux grands mots populiste, nationaliste pour en rendre compte.

Un Accord tel Paris met l’Occident en coupe réglée au profit des dirigeants asiatiques, africains. Selon cet accord, non seulement l’Occident est le seul qui doit réduire drastiquement et dès maintenant ses émissions de CO2; encore doit-il verser chaque année 100 milliards de dollars aux dirigeants asiatiques et africains pour faciliter leur “transition énergétique.”

La Chine, par exemple, de loin le premier émetteur mondial de CO2 — trois fois plus que l’Europe ! — n’a aucune obligation jusque 2030, sinon d’ouvrir ses poches à l’argent des contribuables occidentaux. Cet accord — braquage, aberrante truanderie sont de meilleures qualifications ­— Trump comprend que son respect implique l’abaissement de l’Amérique face à son pire ennemi, la Chine totalitaire. Trump veut maintenir l’hégémonie américaine, il veut enrichir les Américains et refuse de nourrir l’hydre totalitaire chinoise; dès lors, la sortie de “Paris” s’imposait comme une évidence.

Souhaitons bien du plaisir aux “élites” politiques de l’UE qui vont imposer au nom de “Paris » une nouvelle saignée de 1000 milliards — en dernière analyse, de taxes et d’impôts — à des populations déjà fiscalement exsangues au bord de la révolte. Entre l’Amérique trumpienne et le “Green Reich” européen, il est inutile de trancher en théorie : la réalité s’en chargera bientôt.

Si l’on songe à la « guerre économique » contre la Chine, la sortie de l’Accord de Paris, sa politique migratoire, ses critiques contre l’OTAN, le retrait d’Afghanistan, l’élimination de Quassem Soleimani (après la publication de votre livre), la désescalade législative, le Pacte de Marrackech : on les qualifie en Europe, assez systématiquement, d’échecs (ou bien on ne reconnaît guère leur bien-fondé).

Vous les rangez résolument et précisément dans les succès incontestables du président Trump et surtout faisant partie d’une véritable vision politique. Comment faites-vous pour y voir de la cohérence là où la plupart des « experts » y voient de l’incompétence ou de l’amateurisme ?

Je ne débats pas avec les experts qui laissent parler leurs émotions au lieu de contempler les faits; pourquoi perdre son temps ? L’Amérique s’enrichit et réinvente sa domination dans tous les compartiments de l’activité humaine; l’Europe stagne. Ce sont des faits. Qu’ils plaisent ou non ne m’intéresse pas.

La plupart du temps, on présage des conséquences catastrophiques des décisions prises par Donald Trump. Le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en fait partie : les foules arabes allaient se déchaîner, etc. Or le déménagement est passé comme une lettre à la poste. Pourquoi ces prévisions apocalyptiques continuent alors qu’elles se heurtent au mur des faits ? 

Trump n’accepte pas de se laisser dicter sa politique par les motifs moraux d’acteurs faibles. La “rue arabe”, dont l’Europe prétend comprendre avec empathie la respiration, a compris en l’occurrence le langage de la force : Jérusalem est la capitale millénaire d’Israël. Point. Rappelons que les armées arabes de la région n’ont cessé d’agresser Israël pendant les premières décennies de son existence : ils ont toujours échoué.

Aujourd’hui, les mêmes régimes n’ont pas les moyens militaires de contester à Israël la souveraineté sur sa terre millénaire. Une page est tournée, n’en déplaise aux “chancelleries” européennes, dont le rôle dans la région, concrètement, se limite à financer les projets souvent douteux, parfois associés au terrorisme, de “l’Autorité palestinienne”.

Comment analysez-vous la tentative de destituer Trump après l’échec du « dossier russe » que vous qualifiez plus ou moins d’ailleurs de canular ? 

Canular non, parce que le canular est amusant. In casu ce qui est amusant est la déroute finale de cette lamentable pantalonnade avec l’audition d’un Robert Mueller complètement à côté de ses chaussures et qui n’a pu que constater l’évidence : en toute rigueur judiciaire, aucun comportement criminel, aucune “collusion” avec le gouvernement russe, ne pouvait être reproché à Trump.

N’est-il pas messianique de considérer Trump comme l’artisan d’une véritable Renaissance américaine ? Après tout, il n’est à la Maison-Blanche que pour maximum 5 ans…

Ce qui compte, ce sont les fondamentaux. Dans le domaine judiciaire, par exemple, Trump et le Sénat Républicain ont façonné la magistrature pour les 30 prochaines années. L’armée des Etats-Unis a repris une position de prééminence dont l’éclat n’avait plus été aussi souverain depuis 1945; ce n’est pas le régime chinois, à maints égards aux abois, qui la lui contestera — en dépit de nos “experts” qui se répandent depuis 10 ans sur le “paradoxe de Thucydide” et autres enfantillages de théoricien en “poële” comme disait Descartes.

Depuis 2016, la valeur de l’économie américaine a crû de 60%. On peut multiplier les indicateurs qui attestent de la marque profonde, durable et structurelle de Trump après seulement 3 ans de mandat effectif. Je vous laisse concevoir ce qu’il en serait après 8 ans.

Combien parieriez-vous sur sa réélection ?

J’ai été l’une des seules voix francophones, avec mon ami Guy Millière, à parier publiquement sur son élection en novembre 2016. J’observe avec intérêt les mêmes experts qui claironnaient que Trump n’avait “évidemment aucune chance” en 2016 vous présenter — avec des airs funèbres — sa réélection en novembre 2020 comme tragiquement certaine. Je suis plus réservé.

Novembre c’est dans 8 mois, une éternité en politique. Je vous supplie de me pardonner ma réserve, mais il me paraît trop tôt pour se prononcer et je ne veux pas verser dans la pitoyable ornière dans laquelle végètent la plupart de nos journalistes : prendre mes désirs pour la réalité !

 

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Source(s): Dreuz.info

 

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