Écologie : Marion Maréchal, l’anti-Greta Thunberg ?

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Marion Maréchal a lancé un message clair à Greta Thunberg: le monopole du progressisme sur l’écologie, c’est terminé. Mais la construction d’un « conservatisme vert » peine à émerger, analyse l’essayiste Grégory Roose.

L’immigration et l’écologie sont les deux défis majeurs que le monde occidental devra relever au cours du XXIe siècle. Lors de la National Conservatism Conference, les 3 et 4 février à Rome, Marion Maréchal a-t-elle amorcé l’idée d’un nouveau «Club de Rome» en annonçant son engagement pour une écologie conservatrice, amorcé lors de la Convention de la droite ?

Dans un discours où elle s’adresse au pantin verdâtre Greta Thunberg, Marion Maréchal donne clairement le ton : le monopole de l’idéologie progressiste sur l’écologie est terminé. Mais si l’écologie est un combat «naturel» des conservateurs, la construction d’un « conservatisme vert » peine à émerger.

Depuis que la gauche, gavée à la pensée progressiste, a fait main-basse sur les problématiques écologiques, la droite a complétement délaissé ces sujets, exception faite du Grenelle de l’environnement dont il ne reste que des ruines disloquées entre de multiples ministères.

Pourtant, l’idée d’un conservatisme vert n’est pas nouvelle. L’intellectuel britannique Roger Scruton, auteur d’un livre fondateur sur le sujet paru en 2012, s’étonnait du désintérêt des conservateurs pour l’écologie, argant qu’«il n’y a pas de cause politique plus propice à la vision conservatrice que celle de l’environnement ».

«Le conservatisme vert doit […] œuvrer à l’épanouissement des individus et à l’émancipation des peuples, troquer l’écologie de la peur contre celle de l’espoir.»

Les choses se compliquent quand il s’agit de construire une ligne politique pragmatique sur la base de ce socle idéologique. Mais puisque les enjeux écologiques dépassent les clivages politiques, à quoi bon vouloir se les arroger ? D’abord, parce que le rapport de la pensée progressiste à l’écologie est diamétralement opposé à celui du conservatisme : mondialisme contre localisme, dogmatisme contre pragmatisme, asservissement collectif contre libertés individuelles, contraintes contre opportunités…

Le défi majeur du conservatisme vert est de construire un nouveau corpus idéologique tourné vers l’action, capable de convaincre et de rassembler, à contre-courant des délires progressistes qui invitent les humains à ne plus faire d’enfants «pour sauver la planète», à cesser de vivre pour ne plus polluer ou à répandre la prophétie apocalyptique du grand effondrement.

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Si le conservatisme « est moins une doctrine politique qu’une manière de ressentir », le conservatisme vert doit renoncer à la peur et à l’angoisse agitées en permanence par le progressisme pour répandre son écologie punitive. Par-dessus tout, il doit œuvrer à l’épanouissement des individus et à l’émancipation des peuples, troquer l’écologie de la peur contre celle de l’espoir. Ne plus envisager l’écologie comme échappatoire à la punition divine agitée par la glaçante Greta Thunberg, mais comme une condition de l’émancipation humaine.

Comment passer des concepts aux propositions concrètes ? La tâche est rude mais essentielle. C’est pour l’heure au Royaume-Uni que les incubateurs du conservatisme vert sont les plus féconds. Il a par exemple vu naître le projet Green conservatisme lancé par le groupe de réflexion britannique Green Alliance pour «stimuler la pensée verte dans la tradition philosophique du conservatisme britannique ».

D’autres initiatives fleurissent en Europe à l’image d’un Viktor Orban qui défend une politique environnementale «démocrate-chrétienne» ou du Chancelier autrichien Sebastian Kurz qui noue des alliances avec les écologistes, augurant la naissance d’un conservatisme vert par une politique basée sur une fiscalité de l’environnement, (taxe carbonne «protectionniste») et la limitation de l’immigration. Mais ces initiatives restent rares et isolées.

«Le conservatisme doit répondre à l’un des plus grands défis que le monde occidental ait connu : le risque de sa disparition définitive, sous une marée humaine ou une marée noire.»

En plaçant l’écologie au cœur de sa réflexion, Marion Maréchal poursuit son travail de sape métapolitique sur l’une des chasses gardées du camp progressiste. La combinaison gagnante «écologie et immigration» semble être la seule réponse politique efficace pour faire écho aux angoisses grandissantes de l’Occident. Elle nécessitera une réflexion coordonnée à l’échelle de l’Europe de nations pour répondre à l’un des plus grands défis que le monde occidental ait connu : le risque de sa disparition définitive, sous une marée humaine ou une marée noire.

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