Les Etats-Unis ont proposé de livrer les djihadistes suisses à la Confédération. Berne a refusé.

Temps de lecture : 2 minutes
L’offre américaine, faite en 2018, se montait à 500 000 francs. La chute du groupe Etat islamique et le risque de fuite des terroristes capturés reposent aujourd’hui la question d’un rapatriement.

La Suisse est-elle un havre de paix épargné par les djihadistes? Oui, mais pour combien de temps? Comme le révélait Le Temps le 14 février, des membres suisses du groupe Etat islamique (EI) ont imaginé des plans pour frapper à Genève.

Des réseaux, plus ou moins établis, constitués de sympathisants de l’EI perdurent, même s’ils sont affaiblis. Ceci combiné à la possibilité que des djihadistes reviennent en catimini en Suisse renforce le risque d’une opération sur sol helvétique.

Le Conseil fédéral se tient à sa politique de non-rapatriement des «voyageurs du djihad» qu’il justifie par la priorité donnée à la sécurité de la population suisse. Mais, avec l’évolution de la situation en Syrie depuis l’offensive turque en automne dernier, tout semble indiquer que le rapatriement des trois Suisses soupçonnés de liens avec l’EI et détenus par les Kurdes en Syrie puisse mieux garantir notre sécurité.

Techniquement, le retour pourrait se faire avec l’aide des Américains. Selon notre enquête, ces derniers ont même proposé d’organiser le voyage vers la Suisse. Mais l’offre faite à Berne n’a pas été retenue.

Retour à l’été 2018. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) reçoit une missive des Américains: ils se proposent de rapatrier les djihadistes suisses et leur famille et même de les livrer sur un tarmac en Suisse. Il en coûterait 500 000 dollars pour payer les frais. Plutôt cher pour un billet d’avion.

Lire aussi:  Pas de nationalité pour les enfants de djihadistes danois

Le document est transmis au Groupe sécurité, un organe de coordination qui réunit des représentants du DFAE, du Service de renseignement de la Confédération (SRC), de la police fédérale, du Secrétariat d’Etat aux migrations, de la Conférence des commandants des polices cantonales et des gardes-frontières.

Cette entité doit élaborer une politique en matière de rapatriement des djihadistes. La proposition américaine est soupesée et rejetée. En plus de considérations sur la nécessité de reprendre les Suisses, le coût financier paraît rédhibitoire voire indéfendable auprès des Suisses en cas de fuite dans la presse.

En février 2019, le Groupe sécurité donne au Conseil fédéral son préavis étayé et, dans la foulée, ce dernier arrête sa position: la Suisse ne fera rien pour aider les «voyageurs du djihad» à rentrer dans leur pays d’origine. Pas de rapatriement donc.

Source(s): Le Temps

Crédits photo: Keystone


 

Ceci est mon bloc de texte après le contenu de mon article.

En savoir plus

Plus de partages

Laisser un commentaire

shares
WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com