La Grèce a empêché 4 000 migrants venant de Turquie d’entrer «illégalement», vives tensions à la frontière

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Alors que Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé qu’il ne comptait “pas fermer les portes” de son pays aux migrants, les premières conséquences se font sentir aux abords de la frontière grecque.

Ce samedi matin, la Grèce a annoncé avoir empêché 4 000 migrants venant de Turquie d’entrer “illégalement” sur son territoire, a annoncé le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas, après une réunion d’urgence avec le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

“La Grèce a été confrontée hier (vendredi) à une tentative organisée, de masse et illégale de violation de nos frontières et l’a surmontée”, a-t-il dit.

Échauffourées à la frontière entre Turquie et Grèce

“Nous avons protégé nos frontières et celles de l’Europe. Nous avons empêché plus de 4 000 tentatives d’entrées illégales à l’intérieur de nos frontières”, a-t-il affirmé, peu après que la Turquie a annoncé qu’elle laisserait les frontières de l’Europe ouvertes aux migrants.

Peu avant, le président turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé sa volonté de ne plus stopper les migrants, reprochant à l’Union européenne de ne pas suffisamment aider Ankara à porter le fardeau. “Nous n’allons pas fermer les portes”, a-t-il déclaré, affirmant que 18 000 migrants avaient déjà franchi celles-ci pour traverser vers l’Europe depuis vendredi, un chiffre impossible à confirmer.

La police grecque s’efforçait samedi de repousser avec des grenades lacrymogènes les milliers de migrants qui tentaient de franchir depuis la Turquie, dont certains jetaient des pierres en direction des forces de l’ordre. Ces échauffourées se déroulaient au poste-frontière turc de Pazarkule (Kastanies côté grec). Ces milliers de migrants ont passé la nuit à la frontière, se regroupant autour de braseros.

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L’union européenne appelle la Turquie à respecter ses engagements du pacte migratoire

Alors que la Turquie a décidé l’ouverture de ses frontières pendant 72 heures, l’Union européenne lui demande de respecter le Pacte migratoire de 2016. La Grèce et la Bulgarie renforce leurs frontières.

L’Union européenne attend d’Ankara un “respect de ses engagements” pris dans le cadre du pacte migratoire conclu en 2016, a déclaré vendredi la Commission, réagissant à la décision turque de ce vendredi de laisser passer les migrants vers l’Europe.

“De notre point de vue, l’accord (…) tient toujours et nous attendons de la Turquie qu’elle respecte ses engagements”, a déclaré un porte-parole, Peter Stano.

Ankara a réclamé le soutien de la communauté internationale après la mort d’au moins 33 soldats turcs dans des frappes du régime de Damas soutenu par Moscou. Pour obtenir cet appui, un haut responsable turc a brandi la menace d’un nouvel afflux de migrants vers l’Europe. Mais la Commission n’a reçu aucune notification officielle de la part des autorités turques en ce sens, a poursuivi le porte-parole, qui a précisé que l’UE était en train d’évaluer la situation en ce qui concerne les mouvements de réfugiés.

Renforts des patrouilles le long des frontières

En mars 2016, la Turquie et l’Union européenne ont conclu un pacte migratoire controversé qui a fait chuter drastiquement le nombre de passages vers la Grèce. Ce pacte prévoit notamment en échange d’une aide financière, le renvoi systématique des migrants vers la Turquie, et des mesures de la part d’Ankara pour éviter que de nouvelles routes migratoires ne s’ouvrent au départ de son territoire vers l’UE. Mais Athènes et l’UE ont noté une hausse des arrivées ces derniers mois.

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Selon une source policière grecque, le nombre de patrouille a été doublé et un appel à la mobilisation générale a été passé en interne.

En Bulgarie, le premier ministre Boïko Borissov s’est notamment inquiété devant des journalistes “du retrait des garde-frontières turcs” et dit attendre un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. “Avec ce qui se passe, le danger est réel en ce moment: les gens fuient face aux missiles”, a-t-il déclaré à Sofia, annonçant avoir déployé “tôt ce matin” des renforts.

Ankara menace régulièrement de ne pas respecter l’accord, réclamant davantage d’aide européenne pour faire face à la catastrophe humanitaire à Idleb, où près d’un million de personnes ont fui les bombardements pour se réfugier pour la plupart près de la frontière turque.

Source(s): Sud-Ouest / AFP

Crédit photo : OZAN KOSE / AFP


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