Suisse : risque de manipulation par le vote électronique

Depuis 2000, le gouvernement suisse poursuit divers projets pour l’introduction du vote électronique. Ce qu’on appelle le E-Voting électronique a été utilisé pour la première fois à titre expérimental en 2004, dans le cadre d’un vote fédéral.

Diverses autres phases d’essai de vote électronique ont suivi. Selon les plans du Conseil fédéral, deux tiers des cantons doivent introduire le vote électronique d’ici 2019. Le magazine Schweizerzeit souligne dans son édition du 2 mars 2018 que l’introduction du E-Voting conduit à de grands dangers : d’après leurs recherches, les différentes phases de test ont été accompagnées d’échecs, de mésaventures et de pannes et ont créé une méfiance généralisée dans la population.

En 2012, par exemple, un citoyen suisse vivant à étranger, qui est enregistré dans le canton de Lucerne, a pu voter deux fois. Dans le canton de Zurich des codes de vérification illisibles ont été envoyés. En juillet 2013, un spécialiste genevois a également découvert une faiblesse dans le E-Voting à Genève. Cela lui aurait permis d’infiltrer un virus sur les ordinateurs des électeurs et de falsifier leurs votes de oui à non sans qu’ils ne remarquent quoi que ce soit. Malgré ces défauts et bien d’autres, la Chancellerie fédérale suisse s’accroche obstinément à ses plans : le E-Voting doit être introduit à l’échelle nationale en Suisse.

On aurait appris des erreurs et constamment amélioré les systèmes. Beaucoup d’experts qui ont traité ce sujet de manière approfondie le voient tout à fait différemment. Par exemple, le célèbre informaticien allemand Gunnar Porada et le Chaos Computer Club Suisse mettent en garde contre l’utilisation de cette technologie. Le Chaos Computer Club, qui réunit les meilleurs hackers du pays, dit : « Nous en savons trop sur les ordinateurs pour leur confier les derniers vestiges de la démocratie. »

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L’intrusion serait passée inaperçue si les chercheurs ne l’avaient pas révélé eux-mêmes. A cause de ces grosses défaillances de sécurité, de nombreux pays européens ont déjà rejeté cette technologie. En Hollande, les tribunaux ont interdit le vote électronique dès 2006. La France, l’Irlande et la Norvège ont également suspendu leurs plans de vote électronique pour des raisons de sécurité. En Autriche, le gouvernement a tiré la sonnette d`alarme après plusieurs échecs lors d’élections d’étudiants où le E-Voting a été utilisé.

Hormis des failles de sécurité, il y a encore un autre danger dans le E-Voting, c’est qu’il n’y a pas de possibilité de contrôle transparent du vote. Dans le cas de vote par correspondance, les bulletins de vote sont physiquement stockés dans les communes et peuvent donc être recomptés à tout moment. Dans le E-Voting, par contre, le vote s’enfonce dans une mer numérique de bits et d’octets sans que l’électeur puisse suivre le déroulement.

Tandis que les votes par courrier sont comptabilisés dans toute la Suisse par des dizaines de milliers de compteurs, qui se contrôlent entre eux, le E-Voting peut être compté seulement par quelques experts-IT. Toute le pouvoir repose donc sur un petit nombre de spécialistes. Malgré tous ces faits, le Conseil fédéral suisse maintient son agenda.

Une fois de plus, il semble donc que ce soit au peuple suisse de s’opposer à une évolution dangereuse. Un comité non partisan composé de politiciens, d’avocats, d’experts-IT et de pirates informatiques a déjà annoncé qu`ils veulent stopper le E-Voting en lançant une initiative populaire. Sur le site Web du Chaos Computer Club il est écrit comme suit : « Nous demandons à la Chancellerie fédérale d’arrêter immédiatement toutes les essais de E-Voting et de mettre fin au projet.

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Sinon, une initiative populaire visant à exclure ce moyen de vote débutera au cours de l’été. Nous ne devons pas compromettre de façon irréfléchie la démocratie directe de la Suisse : Des procédures opaques et des résultats peu fiables sont du poison pour la confiance dans le système politique. Sans confiance dans les résultats finaux, la démocratie suisse cesse en fait d’exister. » Le site Web suivant vous tiendra au courant de l’Initiative populaire fédérale « Pour une démocratie sûre et digne de confiance » :

https://stop-evoting.ch/ Le projet de l’initiative populaire est actuellement ouvert au débat public jusqu’à fin août 2018, avant le lancement de l’initiative populaire.

Source kla.TV

 

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