Climat
Le GIEC : ce que disent ses rapports sur le changement climatique
Le GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a été créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l'environnement. Son secrétariat se trouve à Genève, dans les locaux de l'OMM. L'organe ne mène pas de recherches propres : il évalue la littérature scientifique publiée et en tire un état des connaissances.
Le GIEC, un organe d'évaluation installé à Genève depuis 1988
Cent quatre-vingt-quinze États en sont membres. Les auteurs, des scientifiques proposés par les gouvernements et les organisations observatrices, sont choisis par les bureaux des groupes de travail et travaillent sans rémunération de l'institution. En 2007, le prix Nobel de la paix a été attribué conjointement à ce groupe d'experts et à l'ancien vice-président américain Al Gore.
- ALe 7ème continent : taille et réalité du plastique dans les océans Le 7ème continent : une zone diffuse de plastique dans le Pacifique Nord, sa taille mesurée en 2018, l'origine des déchets et les huit millions de tonnes.
- BCOP26 à Glasgow : le pacte climatique, l'Arctique et les promesses La COP26 de Glasgow en 2021 : le pacte pour le climat, la formule sur le charbon, les promesses sur le méthane et les forêts, et le réchauffement de l'Arctique.
Comment un rapport du GIEC est rédigé et approuvé
Chaque rapport d'évaluation est préparé par trois groupes de travail. Le premier traite des bases physiques du climat, le deuxième des impacts, de l'adaptation et de la vulnérabilité, le troisième de l'atténuation, c'est-à-dire de la réduction des émissions. Une équipe spéciale élabore en parallèle les méthodes d'inventaire des gaz à effet de serre utilisées par les États.
Les versions successives d'un rapport passent par plusieurs relectures, au cours desquelles experts et gouvernements envoient des dizaines de milliers de commentaires, auxquels les auteurs répondent un par un. Le résumé à l'intention des décideurs est ensuite approuvé ligne par ligne en séance plénière, mais il doit rester fidèle au texte complet, que les délégués ne réécrivent pas.
Ce que le sixième cycle établit sur le changement climatique
Le sixième rapport d'évaluation, dit AR6, a été publié entre août 2021 et mars 2023. Le volume du premier groupe de travail affirme qu'il est sans équivoque que l'influence humaine a réchauffé l'atmosphère, l'océan et les terres. Selon le GIEC, la décennie 2011–2020 a été plus chaude d'environ 1,1 °C que la période 1850–1900.
Ce constat sur le changement climatique s'appuie sur plusieurs séries de preuves indépendantes : températures mesurées au sol et en mer, recul de la banquise arctique, montée du niveau des mers, réchauffement de l'océan profond. La synthèse de 2023 associe chaque fraction de degré supplémentaire à des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses dans toutes les régions habitées.
Le soleil et les cycles orbitaux face au réchauffement actuel
Les variations du rayonnement solaire existent et sont mesurées par satellite depuis la fin des années 1970. Leur amplitude au cours d'un cycle de onze ans reste faible, de l'ordre d'un millième de l'énergie reçue. Depuis le milieu du XXe siècle, l'activité solaire a même légèrement diminué, alors que les températures mondiales ont continué de monter.
Quant aux cycles de Milankovitch, ils décrivent les changements de l'orbite terrestre et de l'inclinaison de l'axe, sur des périodes d'environ 23 000, 41 000 et 100 000 ans. Ils rythment l'alternance des glaciations et des interglaciaires sur des millénaires. Le GIEC estime que les facteurs naturels expliquent une part proche de zéro du réchauffement observé depuis 1850.
Les glaciers suisses, un indicateur mesuré chaque année
En Suisse, MétéoSuisse relève une hausse des températures environ deux fois plus forte que la moyenne mondiale depuis l'ère préindustrielle, un écart typique des régions continentales et montagneuses. Le réseau GLAMOS, qui réunit des glaciologues de plusieurs hautes écoles, mesure chaque année la masse et le volume des glaciers du pays, parfois depuis plus d'un siècle.
Selon l'Académie suisse des sciences naturelles, les étés 2022 et 2023 ont fait disparaître environ un dixième du volume glaciaire du pays en deux ans. Ces données de terrain, publiées et révisées, entrent dans la littérature que le GIEC évalue. Son rapport spécial de 2019 sur l'océan et la cryosphère consacre d'ailleurs un chapitre entier aux hautes montagnes.
De l'Accord de Paris aux prochaines évaluations du GIEC
L'Accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015 lors de la COP21, fixe l'objectif de contenir la hausse des températures bien en dessous de 2 °C et de poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5 °C. Le rapport spécial du GIEC sur ce seuil de 1,5 °C, publié en octobre 2018, avait été demandé par les parties.
Les conférences annuelles des parties, comme celle de Glasgow en 2021, s'appuient sur ces évaluations sans être organisées par les scientifiques. Le septième cycle a démarré en 2023, et ses volumes principaux sont attendus vers la fin de la décennie. Un rapport spécial sur le changement climatique et les villes est prévu pour 2027, avant ces volumes.
Questions fréquentes
Qui fait partie du GIEC ?
Le groupe réunit 195 États membres, qui élisent son bureau et approuvent ses travaux en séance plénière. Les rapports sont rédigés par des centaines de scientifiques de nombreuses disciplines, proposés par les gouvernements et les organisations observatrices, puis sélectionnés pour équilibrer les spécialités, les régions du monde et les générations de chercheurs.
Le GIEC fait-il ses propres mesures du climat ?
Non. L'organe ne gère ni stations météorologiques ni satellites et ne lance pas de programmes de recherche. Il évalue les études déjà publiées, en majorité dans des revues à comité de lecture, et en tire un état des connaissances. Les mesures elles-mêmes viennent des services météorologiques nationaux, des agences spatiales et des laboratoires universitaires.
Que signifie le terme « très probable » dans un rapport du GIEC ?
Les auteurs utilisent un vocabulaire calibré pour exprimer l'incertitude. « Pratiquement certain » correspond à une probabilité de 99 à 100 %, « très probable » à 90 à 100 %, « probable » à 66 à 100 %. Un niveau de confiance distinct, de faible à très élevé, résume en plus la qualité et la cohérence des preuves disponibles.
Pourquoi le soleil n'explique-t-il pas le réchauffement actuel ?
Les satellites mesurent l'énergie solaire reçue par la Terre depuis la fin des années 1970. Elle varie peu au cours d'un cycle de onze ans et n'a pas augmenté depuis le milieu du XXe siècle. De plus, la haute atmosphère se refroidit pendant que la basse atmosphère se réchauffe, une signature attendue des gaz à effet de serre.
Quand paraîtront les prochains rapports du GIEC ?
Le septième cycle d'évaluation a commencé en 2023. Un rapport spécial consacré aux villes est prévu pour 2027, et les volumes des trois groupes de travail sont attendus vers la fin de la décennie. Un rapport méthodologique sur les techniques d'élimination du dioxyde de carbone figure également dans le programme adopté par les États membres.
