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Tech et société

Transhumanisme : définition, promesse de longévité et limites

Le transhumanisme est un courant de pensée selon lequel les sciences et les techniques permettront de dépasser les limites biologiques de l'espèce humaine. Le mot a été diffusé en 1957 par le biologiste britannique Julian Huxley, premier directeur général de l'Unesco, dans un essai où il imaginait une humanité capable de transformer consciemment sa propre nature.

Transhumanisme : une définition née au XXe siècle

La définition s'est précisée à partir de la fin des années 1980. Le philosophe Max More, figure du mouvement extropien en Californie, publie en 1990 un texte qui décrit le transhumanisme comme une philosophie du progrès guidée par la raison. Ses principes associent recherche scientifique, liberté individuelle et refus de considérer le vieillissement comme une fatalité.

Bostrom et l'Association transhumaniste mondiale

En 1998, Nick Bostrom et David Pearce fondent la World Transhumanist Association, rebaptisée Humanity+ en 2008. Cette association rédige une définition commune et une déclaration de principes qui revendique le droit d'utiliser la technique pour améliorer ses capacités physiques, mentales et reproductives. Bostrom dirige ensuite à Oxford le Future of Humanity Institute, consacré aux risques majeurs, fermé en 2024.

Autour de ces fondateurs gravitent des personnalités aux priorités différentes. L'ingénieur Ray Kurzweil annonce une singularité technologique, moment où les machines dépasseraient l'intelligence humaine. D'autres auteurs insistent sur la cryogénisation, les interfaces neuronales ou l'édition génétique. Le transhumanisme reste donc pluriel, sans doctrine unique ni organisation qui parlerait au nom de tous.

La promesse de longévité de mille ans

L'affirmation la plus médiatisée vient du chercheur britannique Aubrey de Grey, qui a déclaré au milieu des années 2000 que la première personne appelée à vivre mille ans était peut-être déjà née. Son programme, baptisé SENS, propose de réparer un à un les dommages cellulaires accumulés avec l'âge, comme on entretiendrait une vieille voiture.

Cette promesse du transhumanisme n'a jamais été validée par une publication expérimentale. En 2005, la revue du MIT Technology Review a même organisé un concours invitant des biologistes à démontrer que le programme de de Grey était indigne d'un débat scientifique. Le jury a conclu que ni les partisans ni les critiques n'avaient apporté de preuve décisive.

Ce que dit la gérontologie sur la longévité humaine

Le record d'âge le mieux vérifié reste celui de Jeanne Calment, morte à Arles le 4 août 1997 à 122 ans. Plus de vingt-cinq ans plus tard, personne n'a dépassé cette limite documentée. En 2016, une étude parue dans Nature suggérait que la durée de vie maximale plafonnait autour de 115 ans, une conclusion discutée.

L'espérance de vie a pourtant fortement progressé depuis un siècle, et la Suisse comme la France figurent parmi les pays où elle est la plus élevée en Europe. Les démographes attribuent cette hausse à l'hygiène, aux vaccins, au recul des maladies cardiovasculaires et à de meilleures conditions de travail, pas à une modification de la biologie du vieillissement.

Calico, sénolytiques et recherche sur le vieillissement

Des moyens privés importants ont rejoint ce domaine. En 2013, Google a créé Calico, une société consacrée à la biologie du vieillissement, et d'autres entreprises financées par des fortunes de la technologie ont suivi. Leurs travaux sur la longévité portent sur la reprogrammation cellulaire, sur des modèles animaux à longue durée de vie et sur les marqueurs biologiques de l'âge.

Une autre piste concerne les sénolytiques, molécules qui éliminent les cellules sénescentes accumulées dans les tissus. Chez la souris, des équipes de la Mayo Clinic ont montré dès 2015 un effet favorable sur plusieurs fonctions liées à l'âge. Chez l'humain, les essais restent petits et précoces, et aucune agence comme Swissmedic ou l'EMA n'a autorisé un tel traitement.

Critiques philosophiques et bioéthique du transhumanisme

Les critiques les plus citées viennent de la philosophie. Jürgen Habermas, dans un ouvrage publié en 2001 et traduit sous le titre « L'Avenir de la nature humaine », s'inquiète d'une programmation génétique des enfants. Michael Sandel, professeur à Harvard, défend dans un essai de 2007 l'acceptation d'une part de hasard dans l'existence humaine.

Sur le plan juridique, la Convention d'Oviedo du Conseil de l'Europe, ouverte à la signature en 1997, interdit les modifications du génome transmissibles à la descendance. La Suisse l'a ratifiée en 2008 et la France en 2011. Les comités d'éthique nationaux de ces deux pays examinent régulièrement les questions d'augmentation humaine et de longévité.

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Questions fréquentes

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Quelle est la définition du transhumanisme ?

Il s'agit d'un courant de pensée qui considère que la condition humaine peut et doit être améliorée par la technique : biologie, médecine, informatique ou neurosciences. Ses défenseurs visent l'allongement de la vie, l'augmentation des capacités physiques et cognitives et la réduction de la souffrance. Le terme a été popularisé par le biologiste britannique Julian Huxley en 1957.

Peut-on réellement vivre mille ans ?

Aucune donnée scientifique ne soutient cette idée. La personne dont l'âge est le mieux documenté, Jeanne Calment, est morte à 122 ans en 1997. Les gérontologues observent que les progrès de l'espérance de vie viennent surtout de la baisse de la mortalité aux âges jeunes et moyens, pas d'un recul net de l'âge maximal.

Qu'est-ce qu'un médicament sénolytique ?

On désigne ainsi des molécules capables d'éliminer les cellules dites sénescentes, qui ont cessé de se diviser et sécrètent des substances inflammatoires. Chez la souris, plusieurs études ont associé leur élimination à une meilleure santé au grand âge. Les essais chez l'humain sont encore précoces et aucun traitement contre le vieillissement n'est approuvé par une agence sanitaire.

Quelles critiques adresse-t-on au transhumanisme ?

Le philosophe allemand Jürgen Habermas redoute une remise en cause de l'égalité entre générations si les parents programment génétiquement leurs enfants. L'Américain Michael Sandel défend l'idée d'accepter une part de hasard dans la vie humaine. D'autres critiques portent sur l'accès inégal aux technologies coûteuses et sur le poids des investisseurs privés.

Comment la Suisse et la France encadrent-elles ces questions ?

Les deux pays disposent d'instances consultatives : la Commission nationale d'éthique dans le domaine de la médecine humaine en Suisse et le Comité consultatif national d'éthique en France, créé en 1983. Les modifications génétiques transmissibles à la descendance sont interdites dans les deux pays, conformément à la Convention d'Oviedo du Conseil de l'Europe.

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Note de la rédaction Sources : les actes et institutions cités. Mise en ligne le 3 septembre 2026. Signaler une erreur · la méthode.