L'UE expliquée
La zone euro : pays membres, critères d'adhésion et Bulgarie
La zone euro réunit les États de l'Union européenne qui ont remplacé leur monnaie nationale par l'euro et confié leur politique monétaire à la Banque centrale européenne. Elle compte 21 membres depuis le 1er janvier 2026, date de l'entrée de la Bulgarie. Les six autres pays de l'Union conservent leur propre monnaie, pour des raisons juridiques ou politiques.
De 1999 à 2002 : la naissance de la zone euro
L'euro naît le 1er janvier 1999 comme monnaie scripturale dans onze pays : les taux de conversion avec les anciennes monnaies sont fixés de manière irrévocable, et les paiements électroniques ou les comptes peuvent être libellés en euros. La Grèce rejoint ce groupe en 2001, juste avant l'arrivée des pièces et des billets.
Le 1er janvier 2002, les billets et les pièces en euros entrent en circulation dans douze pays, et les monnaies nationales comme le franc français, le mark allemand ou la lire italienne disparaissent en quelques semaines. Les billets sont identiques partout, tandis que chaque pays frappe une face nationale sur ses pièces, valables dans toute la zone euro.
Les 21 pays de la zone euro, Bulgarie comprise
Après les douze premiers, la zone euro s'élargit progressivement : Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, Slovaquie en 2009, Estonie en 2011, Lettonie en 2014, Lituanie en 2015 et Croatie en 2023. La Bulgarie devient le vingt et unième membre le 1er janvier 2026, avec un taux de conversion fixé à l'avance pour le lev.
Les onze pays fondateurs de 1999 sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal. Avec la Grèce et les neuf pays entrés ensuite, Bulgarie comprise, ils forment les 21 membres actuels, dont la population dépasse largement trois cents millions d'habitants.
Les critères de convergence de Maastricht
Pour adopter l'euro, un pays doit respecter les critères de convergence fixés par le traité de Maastricht. Son inflation ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point la moyenne des trois États les plus performants, son déficit public doit rester sous 3 % du produit intérieur brut et sa dette publique sous 60 %, ou s'en rapprocher suffisamment.
Deux autres conditions s'ajoutent : des taux d'intérêt à long terme proches de ceux des pays les plus stables et une participation d'au moins deux ans au mécanisme de change européen, dit MCE II, sans tensions graves. La Commission et la BCE publient des rapports de convergence, puis le Conseil de l'UE décide de l'admission.
La BCE et l'Eurogroupe, pilotes de la monnaie unique
La Banque centrale européenne, créée en 1998 et installée à Francfort, définit la politique monétaire de la zone, avec pour objectif principal la stabilité des prix, qu'elle traduit par une inflation de 2 % à moyen terme. Son conseil des gouverneurs réunit les six membres du directoire et les gouverneurs des banques centrales nationales.
L'Eurogroupe, réunion informelle des ministres des finances des pays de l'euro, coordonne les politiques budgétaires et prépare les décisions du Conseil. Il élit son président pour deux ans et demi. Depuis la crise des dettes souveraines, la zone dispose aussi du mécanisme européen de stabilité, capable de prêter à un État en difficulté sous conditions.
Membres de l'Union sans euro et dérogation danoise
Le Danemark a obtenu en 1992 une dérogation, confirmée par le référendum de 2000 : il n'est pas obligé de l'adopter et sa couronne reste liée à l'euro dans le MCE II. Les autres pays sans euro, à savoir la Suède, la Pologne, la Tchéquie, la Hongrie et la Roumanie, sont juridiquement tenus de l'adopter un jour.
Aucun calendrier ne leur est cependant imposé. La Suède, dont la population a refusé l'euro par référendum en 2003, reste volontairement hors du mécanisme de change, ce qui l'empêche de remplir un des critères. La Pologne, la Tchéquie, la Hongrie et la Roumanie n'ont pas fixé de date ferme pour leur passage à la monnaie unique.
L'euro hors de l'Union : Kosovo, Monténégro et micro-États
Plusieurs territoires utilisent l'euro sans être membres de l'Union. Quatre micro-États, Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican, disposent d'accords monétaires qui les autorisent à frapper un volume limité de pièces à leurs propres motifs. Le Kosovo et le Monténégro l'ont adopté unilatéralement, sans accord ni représentation au sein de la Banque centrale européenne.
Ces pays ne participent pas aux décisions de politique monétaire et ne sont pas comptés parmi les 21 membres de la zone euro. À l'inverse des micro-États, certaines collectivités d'outre-mer françaises, comme Saint-Pierre-et-Miquelon ou Saint-Barthélemy, utilisent également l'euro. Les territoires néerlandais des Caraïbes, en revanche, gardent leurs propres monnaies ou le dollar américain.
Le franc suisse et la Banque nationale suisse
La Suisse n'utilise pas l'euro et conserve le franc suisse, émis par la Banque nationale suisse, une institution indépendante qui siège à Berne et à Zurich. Son mandat légal est d'assurer la stabilité des prix en tenant compte de la conjoncture. Le Liechtenstein utilise lui aussi le franc suisse, dans le cadre d'un traité monétaire conclu avec Berne en 1980.
Entre septembre 2011 et janvier 2015, la BNS a appliqué un cours plancher de 1,20 franc pour un euro afin de freiner l'appréciation de sa monnaie. Son abandon, le 15 janvier 2015, a fait bondir le franc en quelques minutes. Pour les frontaliers et les exportateurs, le taux de change avec la zone euro reste un indicateur suivi de près.
Questions fréquentes
Combien de pays utilisent l'euro dans l'Union européenne ?
Vingt et un États membres utilisent l'euro depuis le 1er janvier 2026 : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie. Les six autres membres de l'Union gardent leur monnaie.
Quand la Bulgarie a-t-elle adopté l'euro ?
La Bulgarie a rejoint la zone euro le 1er janvier 2026, après une évaluation favorable de la Commission et de la Banque centrale européenne et une décision du Conseil de l'UE. Le lev, rattaché à l'euro depuis 1999, a été remplacé selon un taux de conversion fixé d'avance, avec une courte période de double circulation.
Pourquoi le Danemark n'a-t-il pas l'euro ?
Après le rejet du traité de Maastricht par les électeurs danois en 1992, le Danemark a obtenu une dérogation qui le dispense d'adopter la monnaie unique. Le référendum de septembre 2000 a confirmé le refus de l'euro. La couronne danoise reste toutefois arrimée à l'euro dans le mécanisme de change européen, avec une marge de fluctuation étroite.
Peut-on payer en euros en Suisse ?
La monnaie légale reste le franc suisse, mais de nombreux commerces, gares et stations touristiques acceptent les billets en euros, sans obligation légale de le faire. Le taux appliqué et la monnaie rendue sont fixés par le commerçant, souvent en francs. Les paiements par carte en euros sont convertis selon les conditions de la banque.
Un pays peut-il quitter la zone euro ?
Les traités ne prévoient aucune procédure de sortie de la seule zone euro. Le passage à l'euro est conçu comme irrévocable pour les États qui l'ont adopté. Un pays pourrait en théorie quitter l'Union entière en appliquant l'article 50 du traité sur l'Union européenne, mais aucun membre de la zone n'a jamais emprunté cette voie.
