L'UE expliquée
L'élargissement de l'Union européenne : dates et pays candidats
L'élargissement de l'Union européenne désigne le processus par lequel de nouveaux États rejoignent la construction lancée par les traités de Rome en 1957. Six pays fondateurs ont signé ces textes : la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la République fédérale d'Allemagne. Sept vagues d'adhésion ont suivi, jusqu'à atteindre vingt-huit membres en 2013.
L'élargissement de l'Union européenne en quelques chiffres
Depuis le départ du Royaume-Uni, l'Union compte vingt-sept États membres. Chaque entrée a modifié les équilibres internes : nombre de commissaires, répartition des sièges au Parlement européen, pondération des votes au Conseil. Les traités de Nice en 2001 puis de Lisbonne en 2007 ont été négociés en partie pour adapter des institutions conçues à l'origine pour six pays.
Les dates des grandes vagues d'adhésion
Le premier élargissement de l'Union européenne intervient en 1973 avec le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni. La Grèce suit en 1981, après la fin du régime des colonels, puis l'Espagne et le Portugal en 1986. Ces dates marquent l'arrivée de démocraties récemment sorties de l'autoritarisme, pour lesquelles l'adhésion servait aussi d'ancrage institutionnel et de soutien au développement économique.
En 1995, l'Autriche, la Finlande et la Suède entrent à leur tour, après la fin de la guerre froide. La vague la plus large date du 1er mai 2004 : dix pays, dont huit d'Europe centrale et orientale, plus Chypre et Malte. La Bulgarie et la Roumanie adhèrent en 2007, la Croatie le 1er juillet 2013.
Critères de Copenhague et article 49
Le Conseil européen réuni à Copenhague en juin 1993 a fixé les conditions encore appliquées aujourd'hui. Un candidat doit disposer d'institutions stables garantissant la démocratie, l'État de droit, les droits de l'homme et la protection des minorités. Il lui faut aussi une économie de marché viable, capable de résister à la concurrence au sein du marché intérieur.
Troisième exigence, le pays doit pouvoir reprendre l'acquis communautaire, c'est-à-dire l'ensemble des règles adoptées par l'Union. L'article 49 du traité sur l'Union européenne précise la procédure : tout État européen qui respecte les valeurs de l'article 2 peut demander à devenir membre, mais la décision suppose l'unanimité du Conseil et l'approbation du Parlement européen.
Les pays candidats officiellement reconnus
Neuf États portent aujourd'hui le statut officiel. La Turquie l'a obtenu en 1999, la Macédoine du Nord en 2005, le Monténégro en 2010, la Serbie en 2012 et l'Albanie en 2014. En juin 2022, dans le contexte de l'invasion russe, l'Ukraine et la Moldavie ont été reconnues à leur tour, suivies de la Bosnie-Herzégovine en décembre 2022.
La Géorgie a reçu le statut en décembre 2023, avant que le Conseil européen ne constate en 2024 un arrêt de fait du processus. Le Kosovo, qui a déposé sa demande en décembre 2022, reste un candidat potentiel. Ces pays candidats n'en sont pas au même stade : certains négocient depuis plus de dix ans, d'autres pas encore.
Du statut de candidat à l'adhésion : les étapes
Après la demande d'adhésion, la Commission rend un avis, puis le Conseil décide à l'unanimité d'accorder le statut. L'ouverture formelle des négociations constitue une autre étape de l'élargissement de l'Union européenne. Le Monténégro a commencé en 2012 et la Serbie en 2014. Pour l'Albanie et la Macédoine du Nord, les conférences intergouvernementales ont eu lieu en juillet 2022.
Ukraine et Moldavie ont ouvert leurs négociations en juin 2024. Les discussions sont organisées en chapitres regroupés par thèmes, de la justice à l'environnement en passant par la concurrence. Pour les pays candidats, ces dates d'ouverture ne disent rien de la date d'arrivée : chaque chapitre doit être clos à l'unanimité, et un seul État membre peut bloquer l'avancée générale.
Brexit et article 50 : l'élargissement de l'Union européenne à rebours
Le Royaume-Uni a voté pour quitter l'Union lors du référendum du 23 juin 2016. Le gouvernement britannique a activé l'article 50 en mars 2017, ouvrant une négociation qui a duré près de trois ans. La sortie est devenue effective le 31 janvier 2020, suivie d'une période de transition achevée le 31 décembre 2020.
Avant ce précédent, aucun État membre n'était parti : seuls des territoires avaient quitté les Communautés, comme le Groenland en 1985, resté lié au Danemark. Le Brexit a mis fin à quarante-sept ans d'appartenance britannique et a ramené le nombre de membres à vingt-sept. Le traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009, avait introduit cette clause de retrait.
Pays européens qui restent hors de l'Union
Plusieurs États prospères ont choisi de ne pas adhérer. La Norvège a rejeté l'entrée par référendum en 1972 et en 1994 ; elle participe au marché intérieur grâce à l'Espace économique européen, avec l'Islande et le Liechtenstein. L'Islande avait d'ailleurs ouvert des négociations en 2010 avant de demander, en 2015, à ne plus être considérée comme candidate.
Côté Suisse, la demande déposée en mai 1992 a été gelée après le refus de l'EEE par le peuple le 6 décembre 1992. Le Parlement fédéral a obtenu son retrait formel en 2016. Le pays reste en dehors de l'élargissement de l'Union européenne et entretient avec elle une relation fondée sur des accords sectoriels.
Questions fréquentes
Combien de pays ont rejoint l'Union européenne depuis 1957 ?
Vingt-deux États se sont ajoutés aux six fondateurs entre 1973 et 2013, ce qui aurait donné vingt-huit membres. Le départ du Royaume-Uni, effectif le 31 janvier 2020, ramène le total à vingt-sept. La Croatie, entrée le 1er juillet 2013, reste à ce jour le dernier pays à avoir adhéré à l'Union.
Un pays candidat peut-il adhérer rapidement ?
Le statut de candidat ouvre seulement une longue phase de préparation. Les négociations sont découpées en chapitres thématiques, chacun ouvert puis clos à l'unanimité des États membres. L'histoire montre des délais qui se comptent en années, voire en décennies : la Turquie est candidate depuis 1999 sans que sa procédure ait abouti.
Que se passe-t-il si un État veut quitter l'Union ?
L'article 50 du traité sur l'Union européenne, introduit par le traité de Lisbonne, organise ce départ. L'État notifie son intention au Conseil européen, puis un accord de retrait est négocié dans un délai de deux ans, prolongeable. Le Royaume-Uni est le seul pays à avoir utilisé cette procédure jusqu'au bout, en 2020.
La Suisse et la Norvège sont-elles des pays candidats ?
Aucun des deux ne l'est. La population norvégienne a refusé l'adhésion par référendum en 1972 puis en 1994, et le pays coopère avec l'Union par l'Espace économique européen. La Suisse avait déposé une demande en 1992, gelée après le refus de l'EEE, puis formellement retirée en 2016. La Suisse est membre de l'AELE depuis 1960.
Qui décide de l'entrée d'un nouveau membre ?
La décision finale appartient aux États membres. Le Conseil statue à l'unanimité après avis de la Commission et approbation du Parlement européen à la majorité de ses membres. Le traité d'adhésion doit ensuite être ratifié par chaque État membre selon ses propres règles, parfois par référendum, ainsi que par le pays entrant.
