Suède : la Facture de la Migration

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  • « Le secteur industriel a un besoin très limité de personnes sans expérience, ni éducation. » – Johanna Odö, conseillère municipale ; Aftonbladet, le 3 octobre 2019.
  • Désormais, pour réduire ses dépenses, la municipalité d’Ystad ne servira plus de repas chauds aux personnes âgées et l’aide-ménagère n’interviendra à leur domicile, qu’une fois toutes les trois semaines.
  • A Motala, la mairie a entrepris de réduire ses dépenses de chauffage dans les bâtiments municipaux, y compris les maisons de retraite. « Nous allons prendre soin des personnes âgées ; elles n’auront pas froid, nous leur fournirons des couvertures », tel fut le message municipal.
  • Entre-temps, en juin, le parlement suédois a voté une loi en faveur du regroupement familial susceptible d’accroître plus encore l’immigration en Suède.

Une municipalité sur quatre et une région sur trois en Suède ont eu leur budget en déficit en 2018. De nombreuses municipalités procèdent à des coupes claires dans leur budget. Les villes de Ystad et de Motala ne serviront plus de repas chauds aux personnes âgées. Pour réduire les dépenses, Motala a annoncé moins de chauffage pour les bâtiments municipaux, y compris les maisons de retraite. Photo : un sans-abri âgé à Stockholm. (Source image : iStock)

Le chômage grimpe en Suède. Eurostat, le service statistique de l’Union européenne, a attribué un taux de chômage de 7,4% en août à la Suède, alors qu’il plafonnait à 6,2% dans la moyenne des autres pays de l’UE.

La Suède se classe ainsi en queue de peloton, au vingt quatrième rang sur vingt-huit. Pour le quotidien Expressen, le chômage élevé qui sévit en Suède ne s’expliquer que par l’immigration.

En février 2019, le ministre suédois de la Justice et des Migrations, Morgan Johansson, s’était moqué de ceux qui affirmaient que l’immigration de masse conduirait à un chômage de masse :

« Vous souvenez-vous des oiseaux de mauvais augure qui affirmaient que la migration de masse produirait un chômage de masse », a-t-il tweeté ?

« Maintenant : le chômage des personnes nées à l’étranger et des jeunes continue de se réduire. Pour les natifs, le taux de chômage est le plus bas jamais atteint ».

Johansson ne rit plus. Et Stefan Löfven, Premier ministre social-démocrate qui avait promis en 2013 que d’ici 2020, la Suède jouirait du taux de chômage le plus bas de l’UE, a évidemment perdu son pari.

L’afflux disproportionné de personnes qui n’avaient ni le niveau scolaire, ni les compétences linguistiques nécessaires à l’obtention d’un emploi ne pouvaient guère contribuer à l’abaissement du taux de chômage.

A Filipstad, une ville dont le cas a déjà été évoquée sur Gatestone, l’afflux de migrants non occidentaux, peu ou pas éduqués, analphabètes pour certains, a fait que le taux de chômage au sein du groupe des migrants est de 80% : huit personnes sur dix dépendent aujourd’hui encore de l’aide sociale pour vivre.

En 2015, lors de la grande crise migratoire européenne, près de 163 000 demandeurs d’asile sont arrivés en Suède, principalement en provenance de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak, a récemment rappelé le quotidien Aftonbladet.

Sur ces 163 000 migrants, 60 000 ont reçu un permis de séjour. Dans le groupe des plus de 15 ans, soit 40,019 personnes, 4574 seulement ont un emploi affirme Aftonbladet. Les autres vivent de l’aide sociale (18 405 personnes) ou se sont vus attribuer une bourse d’études (9 970).

Sur les dix municipalités qui ont accueilli le plus de demandeurs d’asile en 2015 révèle Aftonbladet, huit ont un taux de chômage plus élevé que la moyenne nationale, et toutes ont une proportion de résidents qui vivent de l’aide sociale plus élevée qu’ailleurs.

La commune de Ljusnarsberg, dans le comté d’Örebro, qui a accueilli le plus grand nombre de demandeurs d’asile (230 pour 1 000 habitants), a un taux de chômage supérieur à 10% et 22,9% de la population vit de l’aide sociale.

À Norberg, qui se situe au second rang de l’accueil de migrants par rapport à sa taille, le taux de chômage est de 8,6%. « Les industriels n’ont guère besoin de personnes sans expérience ni éducation », a déclaré Johanna Odö, conseillère municipale.

« Même si nous, municipalité, avions les moyens d’engager du personnel supplémentaire, nos besoins ne pourraient être satisfaits avec les personnes qui se trouvent actuellement en dehors du marché du travail », a déclaré Per Lundborg, économiste et enseignant, à Aftonbladet :

« La Suède est l’un des pays les plus en pointe en matière de high tech, ce qui explique que les emplois sans qualification ont été automatisés. Par conséquent, les migrants qui viennent chercher refuge en Suède ne trouvent pas à s’employer ».

À Malmö, où le taux de chômage frôle le double de la moyenne nationale (13,7%), le budget municipal est en déficit de 390 millions de couronnes (42 millions d’euros).

« Ce déficit lié au développement démographique est commun à bien d’autres municipalités. Nous sommes dans une situation ou moins de [contribuables] financent les besoins d’un plus grand nombre de personnes », a récemment déclaré Anna Westerling, directrice financière de la municipalité de Malmö, au quotidien Sydsvenskan.

De nombreuses municipalités ont compris qu’elles allaient devoir réduire les dépenses. À Ystad, dans le sud de la Suède, la municipalité, va réduire l’aide aux personnes âgées. Moins de repas chauds seront acheminés au domicile des personnes âgées et l’aide-ménagère ne viendra plus qu’une semaine sur trois. Les personnes âgées devront s’approvisionner en plats cuisinés au supermarché.

« Nous allons devoir rationaliser nos processus de travail. Il va nous falloir faire preuve d’inspiration et de créativité », a déclaré Dan Kjellsson, responsable des affaires sociales d’Ystad à Aftonbladet.

L’article cite également la fille d’une personne âgée :

« L’aide à domicile [municipale] n’est attribuée qu’aux personnes âgées dont la mobilité est réduite. Je vous laisse imaginer l’état de leurs toilettes, après trois semaines sans nettoyage ! Qu’on les nettoie au moins une semaine sur deux », a-t-elle demandé.

A Motala, Aftonbladet révèle que la mairie a annoncé des économies de chauffage dans tous les bâtiments municipaux, y compris les maisons de retraite. Le message a été le suivant : « nous allons néanmoins prendre soin des personnes âgées ; elles ne gèleront pas, nous fournirons des couvertures ».

Les critiques sur le programme d’économies réservé aux personnes âgées à Motala ont été si virulentes que la municipalité a dû reculer. « C’est bien que Motala ait changé d’avis. Nous espérons que cela leur servira de leçon et que les aides aux personnes âgées seront les dernières à être réduites », a déclaré Eva Eriksson, porte-parole de SPF Seniorerna, la Confédération des retraités suédois.

La mairie de Motala envisage aussi de faire des économies sur les repas chauds servis aux personnes âgées qui seront remplacés par des repas qui devront être réchauffés au micro-ondes. Il n’est pas dit que ce projet sera maintenu.

Entre-temps, en juin, le parlement suédois a voté une loi en faveur du regroupement familial qui aura pour conséquence inévitable d’accroître l’immigration. Le parti modéré et les démocrates suédois ont été les seuls à voter contre.

« Le gouvernement est complètement inconscient. Il ferme les yeux sur les conséquences de 2015 », a déclaré Maria Malmer Stenergard, députée du parti modéré ;

« la crise des municipalités n’est pas près de s’éteindre. Nous avons besoin d’une politique de réfugiés stricte »

Judith Bergman, chroniqueuse, avocate et analyste politique, est Distinguished Senior Fellow du Gatestone Institute.

Source: Gatestone Institute

 

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